Daniel Pennac et les images

On revient toujours à ses premières amours

J’ai découvert la prose de Pennac lors de mon année de préparation au CAPES Documentation en 1993. Je fus immédiatement captivée par son personnage hors norme et attachant de bouc émissaire, Benjamin Malaussène, entouré de sa (demi)fratrie.

Je n’ai pas peur de le dire, Au bonheur des ogres, La fée carabine, La petite marchande de prose, m’ont laissé un souvenir ravi. Et puis la vie a continué, j’ai oublié Pennac. Lui a continué son œuvre littéraire. Qu’il la centre sur la famille Malaussène ou qu’il anime ses personnages en périphérie (le Petit Malaussène dans Kamo), il les trimballe de roman en roman. On les retrouve comme de vieilles connaissances revues de temps à autre avec bonheur.

C’est par le biais de Kamo, l’idée du siècle, lecture suivie pour Petit Cobaye en CM2, que j’ai repris contact avec le style Pennac. Depuis, je le « prescris » à tour de bras puisqu’une nouvelle génération ne le connaît pas.

Seulement voilà, même si les livres en poche présentent en couverture des illustrations de Tardi, il était tout de même ardu d’en faire un sujet pour Breadcrumb…

Un amour exemplaire : le duo Pennac-Cestac

(c)Florence Cestac, publié dans la rubrique [carnet de création] du numéro 26 de Hors Cadre (sans son s final)
Mais ça, c’était avant. Car le dernier numéro de la revue semestrielle consacrée à la création de l’image, Hors Cadres*, consacre sa rubrique Carnet de création à l’album de bande dessinée Un amour exemplaire conçu avec Florence Cestac. Cet album a donné lieu à une véritable aventure transversale texte-image-théâtre.

Daniel Pennac y explique d’ailleurs qu’il pense en images avant l’écriture.


Amours célestes

Entretemps, Pennac a fait revivre les adorables personnages de Gabrielle Vincent, Ernest et Célestine.

L’éditeur Casterman a su maintenir avec intelligence l’intérêt pour cette magnifique et tendre œuvre existentielle aquarellée. 

Ernest, ours pauvre au grand cœur et Célestine, souris bébé tombée du ciel, adoptée par Ernest, vivent un quotidien où les vraies questions ne sont pas occultées. Elles sont transcendées par la générosité des deux personnages. À mon sens, Gabrielle Vincent a produit véritablement une œuvre d’intérêt public. On pourra faire découvrir aux enfants les albums originaux et les nouveaux adaptés du film d’animation.

Casterman a en plus fait illustrer par Benjamin Renner (Le grand méchand renard) Le roman d’Ernest et Célestine de Pennac. La boucle est bouclée.

En savoir plus

Pour les adultes

La famille Malaussène de 1985 à nos jours 

Au bonheur des ogres – La Fée carabine – La Petite marchande de prose – Monsieur Malaussène – Des Chrétiens et des Maures – Aux fruits de la passion – Le cas Malaussène

Pour les enfants


À lire

Gardiens et passeurs, de Daniel Pennac


Un petit mot sur la revue Hors Cadres[s]

Observatoire de l’image dans toutes ses dimensions (albums et bandes dessinées), ce numéro 26 inaugure une nouvelle formule, perd son s final et clôture une histoire éditoriale initiée en 2007. La revue n’a pas pu survivre aux difficultés budgétaires et à la crise sanitaire. Raison de plus pour se procurer ce bouquet final dans les meilleurs délais, en espérant une renaissance dans un futur proche…


 

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