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Raphaël Garnier, poète pictural

Raphaël Garnier, artiste et graphiste, a animé à partir de son album Art’bracadabra un atelier pour enfant au dernier Salon du livre de Paris. 

Il n’était pas prévu que j’y assiste. Des ateliers, j’en ai vu, conçu ou animé dans ma carrière. Mais là, je me suis approchée, j’ai lu l’album et j’ai immédiatement su qu’il fallait que je reste pour Breadcrumb.

J’ai suivi la démonstration de Raphaël Garnier : un vrai big bang avec des feuilles de papier et des feutres,  des enfants attentifs et actifs, des parents participatifs. Du grand art ! Et un livre animé incontournable, Art’bracadabra.

Art’bracadabra est publié par le couple d’éditeurs d’Amaterra, petite maison créée il y a onze ans déjà.

Leurs titres me font de l’œil régulièrement. Ça avait commencé avec Juliette Vallery et Clémentine Sourdais pour Croque-moi si tu peux. Ça se confirme avec Art’bracadabra, une pépite éditoriale digne de la Nuit du livre.

Du film d’animation au livre animé, la genèse de l’album

Raphaël Garnier a conçu en 2015 une série de petits films dans le cadre de la série web Mon œil du Centre Pompidou. Destinée aux enfants, cette série fait découvrir les fondamentaux de l’art de manière ludique et onirique.

Sous le charme, les éditions Amaterra ont décidé d’adapter cette approche de l’art sous forme de livre à systèmes. 

Une démarche admirablement réussie.

Art’bracadabra, le décryptage de l’art en poésie

Du point, petit atome insignifiant, naît la ligne. De la ligne, naissent les formes. Les formes vivent en communautés et s’habillent de matière. Les couleurs leur apportent des émotions, les ombres le volume. Et ce n’est pas fini : composition et perspective s’invitent tout naturellement au programme…

« La Ligne est un lasso pour attraper la Forme» Raphaël Garnier

La composition, une histoire d’organisation in Art’bracadabra (c)Amaterra, 2018

Au fil des 10 chapitres de ce pas à pas, l’auteur rend palpable l’essence de l’art à l’aide des systèmes du livre animé : volets, roue, rhodoïd, pop-up…

Et surtout, il transforme les termes techniques en une histoire superbement poétique. Avec un petit final circulaire aérien divinement bien pensé.

À mettre en parallèle

Hervé Tullet, Tout rondL’art dans les pages

♥♥♥♥♥

En savoir plus

Mon oeil sur le site du Centre Pompidou

Atelier en médiathèques
  • Lecture à haute voix  avec un complice au paper-board 
  • Avec un budget : atelier possible avec l’artiste graphiste Raphaël Garnier

S’unir, c’est se relayer. Une histoire de poules.

Les poules de Laurent Cardon sont de retour!

Ce coup-ci, l’album s’intitule S’unir, c’est se relayer. Une histoire de poules.

Vous souvenez-vous de l’album S’unir, c’est se mélanger?

Oui ? Alors, pour le plaisir, vous pouvez aller sur l’article vous rafraîchir les neurones (c’est comme avec Le trône de fer, une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal).

Non ? Ce n’est pas indispensable, vous pouvez découvrir le nouvel album sans connaître le premier. Mais ce serait sacrément dommage de ne pas lire aussi ce dernier. Euh? Premier, dernier?

Enfin bref, vous faîtes comme vous voulez. Mais sans oublier de vous jeter sur S’unir, c’est se relayer. Une histoire de poules.

Organisation, tactique, stratégie ? Demandez les poules de Laurent Cardon!

Dans ce deuxième opus, l’auteur-illustrateur déploie une fois encore son regard d’artiste désopilant sur la vie en basse-cour. Les enfants verront une basse-cour, les adultes une usine, un bureau ou une entreprise, selon leur situation personnelle.

Dans cet univers productif, nos poules ont fort à faire pour remplir les objectifs que leur assignent les 3 coqs en matière de couvaison. Figurez-vous qu’elles doivent rester 21 jours au nid non-stop avec seulement 15 minutes de pause par jour!

Le tout sous couvert de « meilleur suivi des œufs et bien-être des futurs poussins ».

Evidemment, il y aura de la rébellion dans l’air emplumé du poulailler! 

Organisation, tactique et stratégie dans un Game of poules hilarant (c)Père Fouettard

Entre cocottes en folies et coqs fiers comme des paons, les batailles s’annoncent palpitantes et pleines de suspense. Et Poulette Noémie saura à nouveau faire preuve d’ingéniosité…

(Attention, spoiler)

Une des poules s’appelle Véronique!

On n’hésitera pas à offrir le titre pour la fête des mères à toutes les enseignantes, logisticiennes, agricultrices et bibliothécaires prénommées ainsi.

Pour ma part, j’ajoute illico l’album dans la liste des prénoms du livre pour le cas improbable où Véronique ferait un retour en scène dans les maternités. Qui sait, on a bien vu revenir les Jules, Octave, Louise dans les faire-part de naissance…

Ceci dit, toute la question maintenant est de savoir s’il y aura une saison 3 pour les poules? 

=>S’unir, c’est se relayer. Laurent Cardon.
Editions Père Fouettard, 2019

♥♥♥♥♥

Activité 

Morpion, puissance 4, abalone, quarto, dames et dames chinoises, échecs… 

Seule à la récré

C’est Petit Cobaye, 8 ans, qui m’a alertée : il regardait la télévision lorsqu’il a reconnu le scénariste et dessinateur d’une de ses bandes dessinées, Les Dinosaures aux éditions humoristiques Bamboo

Je suis venue devant l’écran et j’ai découvert Seule à la récré.

Bloz y présentait la bande dessinée qu’il a réalisée avec sa fille Ana, victime de harcèlement. 

J’ai fait mettre le titre en acquisition à la médiathèque. Je l’ai lu avec Petit Cobaye. J’en suis venue à la conclusion suivante :

Cet album devrait faire l’objet d’un achat massif dans les écoles et les médiathèques. 

Grâce à Ana qui donne vie  au personnage d’Emma dans l’album, Bloz riposte à la violence subie avec sa meilleure arme : son talent de bédéaste humoristique. L’album se lit par planches tout en suivant un déroulement narratif de one-shot. 

Les mécanismes à l’œuvre dans le harcèlement sont finement décrits.

Dans l’histoire, les adultes n’ont pas le beau rôle : de l’inconscience, à l’incrédulité, à la dénégation et à la lâcheté (il faut préserver la réputation de l’établissement !), leur inertie empêche la bonne résolution du problème.

Au drame vécu par Emma, s’ajoute l’injustice sociale puisque c’est Emma qui devra finalement quitter l’établissement tandis que Clarisse la harceleuse reste en place.

Heureusement Emma la petite héroïne a su parler à ses parents (bien que tardivement). Sa famille aimante l’a activement soutenue et s’est chargée de trouver un autre établissement scolaire devant l’omerta de l’école.

Le livre est suivi d’un dossier documentaire établi par Noémya GROHAN, l’auteure de De la rage dans mon cartable et fondatrice de l’association GÉNÉR’ACTION-SOLIDAIRE. Des pistes sont utilement fournies pour faire face.

On saluera au passage l’éditeur Bamboo, dont la ligne éditoriale axée sur la bande dessinée comique inclut aussi des sujets de société traités avec finesse, sensibilité et humour : le cancer avec La Boule à zéro et le harcèlement avec Seule à la récré.

BRAVO.