Category Archives: Albums pour jouer

Une histoire d’amour dans une maison de poupées

Josette n’est pas une starlette. Georges n’est pas un superhéros, même s’il exerce la profession de maître-nageur-sauveteur.

Ces deux-là vont se rencontrer, s’apprécier, fonder une famille nombreuse. Et la vie passe, avec « son cortège de scarlatines, dents perdues, bras cassés… mais aussi de fous rires, de cavalcades, de câlins et de gâteaux d’anniversaire ». Il y a les coups de canif dans le contrat, la vaisselle qui vole, les hauts et les bas. Et puis un jour, Georges tire sa révérence…

Une histoire d’amour n’est pas une histoire glamour. Pas du tout.

Une histoire d’amour, c’est tout simplement la nouvelle gageure époustouflante et hilarante de Gilles Bachelet. Car Georges et Josette, personnages ordinaires et attachants, ont une particularité rare dans les albums pour enfants : ce sont des objets. En l’occurrence, deux gants de vaisselle en caoutchouc. 

Home sweet home. In: Une histoire d’amour. Gilles Bachelet (c)Seuil jeunesse

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Si les pommes avaient des dents

Connaissez-vous les 2 lettres les plus joueuses de l’alphabet? Il s’agit du S et du i.

Comment je le sais ? C’est simple, je suis tombée sur un album initialement paru en 1960, Si les pommes avaient des dents, du graphiste Milton Glaser et de la photographe Shirley Glaser.

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Jamais sans mon livre!

L’album Jamais sans mon livre célèbre la liberté de jouer avec un livre, grâce à un texte poétique et un graphisme déluré de spirales, lignes, rectangles, cœurs, entrelacs en mode rétromoderne.

Il est publié par Phaidon, maison anglaise avec une filiale française. Phaidon est éditeur par ailleurs de nombreux albums d’HervéTullet, le pro du jeu avec le livre. On reste donc en famille.

Sur le principe de « Que peut-on faire avec ? »

Bel objet avec la jaquette, sorte de mode d’emploi, l’album est un pied de nez aux esprits étriqués. S’inspirant de Silverstein et son rhinocéros de compagnie, Barney Saltzberg part d’emblée sur un petit délire artistique. On retrouve le même ressort chez Claude Boujon et sa Chaise (que peut-on faire avec une chaise si on n’a pas le droit de s’asseoir dessus?).

Mais Saltzberg ajoute un ingrédient en personnifiant le livre. Lequel se transforme en doudou compagnon de l’enfant. Et en avant pour une aventure urbaine…

Un éditeur, deux versions

On peut apercevoir certaines des propositions farfelues en anglais sur le site de Phaidon. Rien n’empêche d’en chercher d’autres avec les enfants.

La couverture de la version originale de Jamais sans mon livre. Littéralement, câline ce livre !

Ce livre, tu peux l’embrasser, le câliner, le renifler. Ça te paraîtra peut-être une drôle d’idée.

You can kiss and hug and smell this book. That might sound sort of silly.

Opération graphisme à gogo

Fred Benaglia a saisi l’air du temps en matière de technique d’illustration. Il a choisi le dessin à l’encre et la colorisation en numérique. L’alliance  du Français et de l’auteur américain donne naissance à un beau petit bijou à serrer très fort contre son cœur. On peut aussi cacher l’album sous l’oreiller pour mieux le retrouver au petit matin.

Les enseignants de maternelle et de CP auront un éventail de formes graphiques à partager avec les élèves. Les bibliothécaires, éducateurs et parents devraient aussi pleinement profiter de ce feu d’artifice sur papier.

Jamais sans mon livre. Barney Saltzberg, ill. Fred Benaglia
Phaidon, 2016
1 jaquette, 32 pages, 21 cœurs
Activité

Moyenne section : Compter les cœurs sur la jaquette du livre

Grande section, CP : compter tous les cœurs (attention, il y en a un bien caché. Et ce n’est pas nécessairement le plus petit !)