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Piouh ou les chouettes chroniques d’un poussin hibou

Il s’appelle Piouh. Avec un H comme Hibou. Dans un petit format et sur un papier très doux, il dévoile ses premières expériences du monde du Grand Bois.

On y découvre tout un univers légendé avec des personnages hauts en couleur : une grenouille claironnante, une coccinelle intrépide, une plante carnivore à laquelle il  vaut mieux ne pas se frotter… 

Le tout dans une farandole de chapitres : Portrait de Piouh, Le Pouvoir de Piouh, Le Grand Bois, La Champimaison de Piouh pour n’en mentionner que quelques-uns. 

Car Piouh, petit habitant du Grand Bois, est un livre à chapitres comme disent les Anglo-Saxons, ce qui permet une lecture fractionnée par les apprentis lecteurs dès sept ans… 

Et c’est aussi un album d’un jaune éclatant, vitaminé, parfaitement chou, avec lequel il fait bon  jouer.

Avec Piouh, on joue ainsi à J’aime… j’aime pas ; j’ai peur… j’ai pas peur; je cherche… je trouve ; si j’étais… 

On pense à Pomelo l’éléphantClaude Ponti le maître, Arnold Lobel et son inoubliable duo de crapaud et de grenouille.

Piouh, petit habitant du Grand Bois et futur personnage remarquable en littérature de jeunesse

Sous l’égide fantaisiste de Grasset jeunesse qui s’est régalé avec la mise en scène des mots de l’objet-livre, Estelle Billon-Spagnol a réussi un petit chef-d’œuvre inspiré. 

L’éditeur a inscrit sur la quatrième de couverture : attention, livre adorable ! On dira même plus : attention, livre incontournable !
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#inktober2016

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Coeur de métier

C’est fou ce que les bibliothécaires et libraires ont comme coups de cœur. Ces gens-là doivent avoir le palpitant hypertrophié, c’est sûr.

Alors bien souvent, je sature un peu en attendant les mots ‘C’est mon coup de cœur !’ J’en grince même des dents parfois et ça fait le bruit de la craie qui crisse sur le tableau.

Eh bien, malgré cela, je ne résiste pas au plaisir de relayer le coup de cœur d’Amandine, bibliothécaire à la Communauté de communes du Kochersberg.

Elle parle de Moi, j’attends…

Il a l’air inoffensif, ce petit album avec sa couverture blanche et son fil de laine rouge… mais les apparences sont souvent bien trompeuses.

Comme moi, laissez-vous porter… J’ai d’abord passé les pages très rapidement et puis je me suis arrêtée, j’ai pris mon temps. Et j’ai même quelquefois remonté le temps en repartant en arrière…

Quelle poésie, quelle finesse ! Un bel album aux illustrations subtiles qui m’a beaucoup touchée. A offrir sans réserve ! 

La couverture initiale de 2005

Davide Cali et Serge Bloch déroulent l’ histoire toute simple de la vie qui passe. Avec un cordon rouge en guise de fil conducteur.  L’émotion m’avait saisie sans crier gare au moment de sa première parution en 2005. Sarbacane vient de le rééditer avec un étui : un bijou dans un écrin.

Si vous avez des amis qui vous invitent à un dîner, oubliez le bouquet ou la bouteille de vin. Venez avec Moi, j’attends…

Appréciation de Breadcrumb :  ♥♥♥♥♥ 😉

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Le titre existe aussi en application numérique. La première parution  a fait connaître Davide Cali dans les métiers du livre.

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Les contes d’Afrique d’un homme moderne

Souleymane Mbodj est un mélange de conteur ancien et d’homme moderne, de musicien et de magicien. Il s’empare de l’essence des contes universels pour les malaxer, les triturer, les enrober et les transposer en Afrique. Et c’est bien là tout l’art et le talent qu’on attend d’un conteur.

Il puise à la tradition orale africaine mais n’hésite pas à reprendre certains textes européens à sa façon (clin d’œil à la chèvre de Monsieur Seguin dans  Bey la chèvre et ses trois vérités) ou indiens (le tigre, le chacal et le brahmane du Père Castor se métamorphosent en hyène, éléphant et jeune buffle).

Il en invente aussi en insérant des détails contemporains délicieusement incongrus : ainsi la voiture ou le franc CFA font-ils leur apparition au détour d’un conte quasiment étiologique (Pourquoi les chiens courent-ils après les voitures ?)

Le rythme, le léger accent du conteur, le plaisir des yeux assurés par les nouvelles illustrations de Roland Garrigue pour cet album plusieurs fois réédité, tout, absolument tout, concourt à rendre savoureux ces 10 contes à lire, écouter, méditer.

A méditer car Souleymane Mbodjj, à l’instar des fabulistes, nous enseigne des règles de vie primordiales : il ne faut pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse (L’Araignée et la Pintade); lorsqu’on tombe dans un panier de crabes, ça finit mal en général (Les animaux qui voulaient vivre ensemble). Et la cruauté, la ruse, la folie, la méchanceté peuvent parfois être déjouées par l’intelligence et la perspicacité. 

Et gardons-nous bien d’accorder notre confiance à la hyène car :

La promesse est une couverture bien épaisse, mais celui qui s’en couvre grelottera jusqu’aux grands froids.

♥♥♥♥♥

Activité 

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