Verte sous tous rapports

L’un des meilleurs romans jeunesse que j’aie lu est celui de Marie Desplechin, Verte. L’héroïne, Verte, jeune collégienne et apprentie sorcière, est en conflit avec sa maman. Classique. L’aide de la grand-mère va dénouer les tensions. Classique aussi. Ce qui l’est moins, c’est la forme adoptée par l’auteure, qui consiste à raconter l’histoire vue par quatre personnages différents : Verte, la maman, la grand-mère, et le petit copain. A l’époque de la création du roman (1996), c’était hors du commun et Verte est depuis devenu un… classique.

C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à Petit Cobaye, 11 ans, de lire la version en bande dessinée illustrée par Magali Le Huche (inoubliable album Les Sirènes de Belpêchao). Eh oui, Petit Cobaye est un grand amateur de bandes dessinées et de manga mais le roman pour lui s’apparente à un pensum.  Forte de mon expérience de bibliothécaire, j’espérais l’amener par une voie indirecte à découvrir le roman après la bande dessinée…

Mais le voilà qui refuse catégoriquement de lire la BD au motif qu’il n’aimait pas les illustrations. Je commence à lui un faire un petit pitch et là, oh magie, il me répond : « ah oui, il y a une fille dans ma classe qui a présenté le roman, bon, ok, je vais voir ». 

Grand seigneur, il a emporté l’album dans sa chambre.

Interrogé sur le sujet, il m’a répondu : 8/10.

J’ai alors lu l’album à mon tour. C’est bien certes, mais c’est moins bien que le roman, notamment parce que l’histoire n’est plus racontée à quatre voix. Oui, mais si le roman n’est pas lu ? Cartésienne, j’ai envie de dire qu’il faut faire feu de tout bois…

Verte
Marie Desplechin
illustré par Magali Le Huche
Rue de Sèvres, 2017

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