Archives par mot-clé : Technique d’illustration

La sarabande des objets

Parmi les techniques d’illustrations figurent les mises en scène d’objets pris en photographie, prétextes à des fantaisies ludiques et ingénieuses.

Très utilisé en publicité, le jeu de l’objet détourné ou additionné en collection offre un effet cabinet de curiosité, un côté kaléidoscopique addictif.

S’ensuivent des propositions de lecture d’images où enfants et adultes se plongent de concert pour de longs moments de complicité. Allez, je vous emmène faire un tour…

Bricabrac_COUVLa collectionnite aiguë de Maria Jalibert

Après Bric-à-brac qui joue sur le repérage des détails ou la vision globale en revisitant l’imagier classique pour tout-petits (les couleurs, les formes, les contraires),  Maria Jalibert a poursuivi sur sa lancée avec Le joyeux abécédaire.  Et là surprise, l’album s’avère encore meilleur que le précédent, pourtant lui-même excellent.

joyeux_abecedaire_couvÀ lire :

Tana Hoban, la pionnière

La photographe américaineTana Hoban reste à mon sens la pionnière incontournable et toujours actuelle de l’exercice.

À ce titre, ses magnifiques albums font l’objet d‘un article de l’universitaire Cécile Boulaire sur le blog album 50. Ils dévoilent une multitude de logiques derrière l’apparente simplicité attendue pour les tout-petits.

On peut découvrir une exposition sur le site de l’association de bibliothécaires Les trois ourses.

Joan Steiner, la prêtresse du trompe-l’oeil

Joan Steiner chez Circonflexe savait à merveille créer des décors-maquettes à partir d’objets détournés. Le jeu consiste alors à identifier les ersatz avec les enfants.

trompe-loeil_intTrompe-l’œil junior (à trouver d’occasion)

Walter Wick, les techniques du génie civil appliqué à la photographie

À lire :

Zazie Sazonoff, la fantaisie en action

Zazie et son Alphabet zinzin fait zézayer avec grand art l’imagier et l’album jeunesse. 

À lire :

Gilbert Legrand, la nouvelle génération

Robinet_patineurChez Sarbacane, Gilbert Legrand donne une seconde vie rigolote aux articles de plomberie et ébénisterie.

À feuilleter :

  • Animaux surprise sur le site Premier chapitre, qui propose par abonnement un feuilletage des premières pages.
Claire Dé, la poésie en photographie

Depuis le magnifique livre-ovni (objet visuel non-identifié) Ouvre les yeux ! paru en 2006 aux défuntes éditions du Panama, je suis restée très attentive au travail photographique de Claire Dé. 

Une forme, un détail, une couleur est repris dans la page suivante sur le principe d’un jeu de dominos photographique. In : Ouvre les yeux ! (c) éditions du Panama, 2006
Christian Voltz, la poésie du quincailler

I love Christian Voltz. Voilà, c’est dit. C’est inconditionnel. Et c’est partagé : son dernier titre Heureux fait partie de la sélection coups  de cœur de la médiathèque de Sophia-Antipolis.

  • Son travail de quincailler poétique est décliné en cahier d’activités chez les très inventives éditions des Apprentis rêveurs. Son éditeur principal : les éditions du Rouergue
La démarche inverse : Une histoire d’amour de Gilles Bachelet

Une histoire d’amour de Gilles Bachelet utilise le précédé de la personnification d’objets dans une fiction où des gants de vaisselle tiennent le devant de la scène. Un vrai petit bijou illustré au pied de la lettre par des enfants de 8 ans à Marseille.

Monsieur Rémi Barbaglia et ses élèves de CE2 de l’école Fraissinet de Marseille ont créé ces œuvres à l’occasion du prix littéraire de la Ville de Marseille pour lequel ils avaient choisi l’album Une histoire d’amour.
Activités
  • Créativité objet : sur le site de Philippe Brasseur, auteur du livre documentaire 1001 jeux de créativité avec les objets chez Casterman, il est possible de télécharger un extrait pour réfléchir à des jeux d’observation propices à l’association d’idées.
  • Jeu de Kim
  • Atelier bazar bizarre sur Phileas et Autobule

Claire Garralon, la puissance graphique au service des petits

La couverture du livre représente deux têtes de canards, un grand, un petit, colorés en aplat et géométriques
Un magnifique jeu de (dé)construction autour des formes pour les tout-petits

Quand j’ai rencontré Claire Garralon, auteure-illustratrice, elle a déployé devant moi un éventail de cartes de visite dans lequel elle m’a invitée à piocher.

Chaque carte disposait de sa propre illustration, reflet de sa production. J’aurais bien pris un peu de temps pour étudier la question mais j’ai été tout à la fois charmée et prise de court. Alors j’en ai pris une au hasard. La promenade des canards. 

En fait, j’aurais voulu tout rafler. Car la sensibilité, l’art du jeu et la fantaisie de Claire Garralon semblent ne pas connaître de limites, tout comme sa palette, même si elle affectionne particulièrement le collage, en vrai ou en numérique sur le logiciel Illustrator. Ses images récentes sont vectorielles

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La marque Pennart : contes, bagnoles et parodie

Ma voisine est professeur des écoles, bref institutrice. Elle m’a dressé un tableau alarmant : ses élèves de CM1 ne connaissent plus les contes !

J’ai alors pensé à Geoffroy de Pennart.
 

Avec Yvan Pommaux,  Geoffroy de Pennart est probablement l’auteur-illustrateur le plus investi dans le détournement de contes. Avec un talent extrême et une longévité extraordinaire. Un dandy drôle et rétro, sorte de Jean Rochefort du livre pour enfants.

Un vrai contrat de lecture
Le 14e titre dans la série des loups analyse pour notre plus grand bonheur l’antipathie réciproque entre le loup et le cochon

Pennart, c’est une histoire au long cours avec les enfants, des personnages récurrents (Igor le loup par exemple), des parodies de contes,  des détails à débusquer (les voitures, un vrai régal), une imagination débridée et un vocabulaire exigeant, des jeux avec les noms.

Pennart, c’est aussi des objets rétro (le téléphone a toujours un cadran rotatif et un combiné), une touche masculine bienvenue, un humour omniprésent dans les détails.

Chez Pennart, le journal, super pratique pour donner des informations, est partout. Dans Cambouis, un album rock-and-roll qui parodie le conte de Cendrillon, c’est dans le journal que Lady Wawa publie son avis de recherche de choristes.

Un jeu d’indices

L’auteur-illustrateur ne prend pas les enfants pour des truffes. Il se donne beaucoup de peine pour semer des indices entre ses albums :

Dans Le loup est revenu, il y a un souvenir du premier livre publié par Pennart, La reine des abeilles.

Dans Le retour de Chapeau rond rouge, la page de garde met en scène des souris qui interprètent la version initiale, Chapeau rond rouge. Ces petites souris occupaient déjà un coin de la scène dans le premier album, un jeu de cherche et trouve s’installant subrepticement entre Pennart et les enfants. C’est drôlissime, y compris pour les adultes.

Igor adore les décapotables (c)Kaléidoscope
Geoffroy de Pennart aime aussi positionner Igor dans des albums où il n’est pas protagoniste.
Aquarelle et Photoshop comme techniques de prédilection 
Un crayon, une gomme, de l’encre, voilà le matériel de départ de Geoffroy de Pennart pour les illustrations. Jusqu’en 2000, il aquarellait ensuite son dessin. Depuis, il a changé de technique : la mise en couleur se fait sur Photoshop. 
On se demande bien à qui peut appartenir ce véhicule admirablement carrossé (c)Kaléidoscope
Un moyen de revenir aux sources du conte
Ah, au fait, vous vous souvenez de ma voisine ? L’institutrice ? le tableau alarmant  : les enfants ne connaissent plus les contes ?
Je ne l’ai pas crue.
J’aurais dû.
Petit cobaye, 8 ans, a adoré Cambouis.
Et absolument pas reconnu la trame de Cendrillon.
Aaargh ! 
Cambouis (c)Kaléidoscope
Pour corriger le tir, voici la prescription d’une ancienne bibliothécaire : Pennart, Perrault, Pennart, Perrault, Pennart, Perrault. Répétez trois fois. Puis administrer à voix haute et à hautes doses pendant 3 ans au moins.
En savoir plus
Geoffroy de Pennart est édité chez Kaléidoscope.
Premier titre début du succès : Le loup est revenu , 1994, après un tout premier ouvrage, La reine des abeilles.

Il a récemment ouvert son site web, geoffroydepennart.com, très chouette et bourré d’explications pour nourrir les enfants (notamment la rubrique dédicace-arbre généalogique qui donne l’origine des noms de ses personnages issus de son entourage)

Cambouis. Geoffroy de Pennart. Kaléidoscope, 2016. 
Dès 6 ans
Mensonges. Geoffroy de Pennart. Kaléidoscope, 2017. Dès 5 ans
Jeu