Archives par mot-clé : Technique d’illustration

Claire Garralon, la puissance graphique au service des petits

La couverture du livre représente deux têtes de canards, un grand, un petit, colorés en aplat et géométriques
Un magnifique jeu de (dé)construction autour des formes pour les tout-petits

Quand j’ai rencontré Claire Garralon, auteure-illustratrice, elle a déployé devant moi un éventail de cartes de visite dans lequel elle m’a invitée à piocher.

Chaque carte disposait de sa propre illustration, reflet de sa production. J’aurais bien pris un peu de temps pour étudier la question mais j’ai été tout à la fois charmée et prise de court. Alors j’en ai pris une au hasard. La promenade des canards. 

En fait, j’aurais voulu tout rafler. Car la sensibilité, l’art du jeu et la fantaisie de Claire Garralon semblent ne pas connaître de limites, tout comme sa palette, même si elle affectionne particulièrement le collage, en vrai ou en numérique sur le logiciel Illustrator. Ses images récentes sont vectorielles

Continuer la lecture de Claire Garralon, la puissance graphique au service des petits

La marque Pennart : contes, bagnoles et parodie

Ma voisine est professeur des écoles, bref institutrice. Elle m’a dressé un tableau alarmant : ses élèves de CM1 ne connaissent plus les contes !

J’ai alors pensé à Geoffroy de Pennart.
 

Avec Yvan Pommaux,  Geoffroy de Pennart est probablement l’auteur-illustrateur le plus investi dans le détournement de contes. Avec un talent extrême et une longévité extraordinaire. Un dandy drôle et rétro, sorte de Jean Rochefort du livre pour enfants.

Un vrai contrat de lecture
Le 14e titre dans la série des loups analyse pour notre plus grand bonheur l’antipathie réciproque entre le loup et le cochon

Pennart, c’est une histoire au long cours avec les enfants, des personnages récurrents (Igor le loup par exemple), des parodies de contes,  des détails à débusquer (les voitures, un vrai régal), une imagination débridée et un vocabulaire exigeant, des jeux avec les noms.

Pennart, c’est aussi des objets rétro (le téléphone a toujours un cadran rotatif et un combiné), une touche masculine bienvenue, un humour omniprésent dans les détails.

Chez Pennart, le journal, super pratique pour donner des informations, est partout. Dans Cambouis, un album rock-and-roll qui parodie le conte de Cendrillon, c’est dans le journal que Lady Wawa publie son avis de recherche de choristes.

Un jeu d’indices

L’auteur-illustrateur ne prend pas les enfants pour des truffes. Il se donne beaucoup de peine pour semer des indices entre ses albums :

Dans Le loup est revenu, il y a un souvenir du premier livre publié par Pennart, La reine des abeilles.

Dans Le retour de Chapeau rond rouge, la page de garde met en scène des souris qui interprètent la version initiale, Chapeau rond rouge. Ces petites souris occupaient déjà un coin de la scène dans le premier album, un jeu de cherche et trouve s’installant subrepticement entre Pennart et les enfants. C’est drôlissime, y compris pour les adultes.

Igor adore les décapotables (c)Kaléidoscope
Geoffroy de Pennart aime aussi positionner Igor dans des albums où il n’est pas protagoniste.
Aquarelle et Photoshop comme techniques de prédilection 
Un crayon, une gomme, de l’encre, voilà le matériel de départ de Geoffroy de Pennart pour les illustrations. Jusqu’en 2000, il aquarellait ensuite son dessin. Depuis, il a changé de technique : la mise en couleur se fait sur Photoshop. 
On se demande bien à qui peut appartenir ce véhicule admirablement carrossé (c)Kaléidoscope
Un moyen de revenir aux sources du conte
Ah, au fait, vous vous souvenez de ma voisine ? L’institutrice ? le tableau alarmant  : les enfants ne connaissent plus les contes ?
Je ne l’ai pas crue.
J’aurais dû.
Petit cobaye, 8 ans, a adoré Cambouis.
Et absolument pas reconnu la trame de Cendrillon.
Aaargh ! 
Cambouis (c)Kaléidoscope
Pour corriger le tir, voici la prescription d’une ancienne bibliothécaire : Pennart, Perrault, Pennart, Perrault, Pennart, Perrault. Répétez trois fois. Puis administrer à voix haute et à hautes doses pendant 3 ans au moins.
En savoir plus
Geoffroy de Pennart est édité chez Kaléidoscope.
Premier titre début du succès : Le loup est revenu , 1994, après un tout premier ouvrage, La reine des abeilles.

Il a récemment ouvert son site web, geoffroydepennart.com, très chouette et bourré d’explications pour nourrir les enfants (notamment la rubrique dédicace-arbre généalogique qui donne l’origine des noms de ses personnages issus de son entourage)

Cambouis. Geoffroy de Pennart. Kaléidoscope, 2016. 
Dès 6 ans
Mensonges. Geoffroy de Pennart. Kaléidoscope, 2017. Dès 5 ans
Jeu 

Poésie et philosophie, les deux dadas d’Albertine et Germano

dada_couvIl est difficile de faire un choix dans la production si poétique du couple suisse Albertine et Germano Zullo.

Chacun de leurs livres est un condensé de fantaisie et de talent. Avec souvent, cerise sur le gâteau, une portée philosophique très utile pour faire pousser les minots.

Bref, comment sélectionner parmi tous ces diamants bruts ? Quels critères appliquer ?

Les prix littéraires ? Mazette, ils pleuvent, ainsi que le disent les paysans, comme vache qui pisse ! Jugez-en plutôt : prix Enfantaisie 2014 pour Dada, prix Sorcières 2011 pour Les Oiseaux, prix Pomme d’or de Bratislava pour Marta et la bicyclette, Prix suisse Jeunesse et médias 2009 pour La Rumeur de Venise.

Marta ou la vraie vie

Considérer les publications à l’étranger ? Les éditeurs se battent littéralement pour acquérir les droits. Albertine et  Germano Zullo ont vu leurs ouvrages traduits dans au moins 11 langues différentes !

jumping-jackalbertinelittlebirdDada chez Chronicle se transforme en Jumping Jack.

Les oiseaux chez Enchanted Lion Books paraissent sous le titre de Little bird

Les gratte-ciel en espagnol chez Les livres du Zorro rouge conservent une traduction littérale : arriba !

Faire appel aux enfants ? Bingo ! Breadcrumb a fini par se reposer sur le flair légendaire de Petit Cobaye et ses jeunes acolytes. Le grand gagnant est Dada. Normal, cette histoire de cheval champion qui chute à répétition a tout pour leur plaire et nous plaire aussi :

« Roger Canasson et Dada sont des champions de saut d’obstacles. Ils sont presque invincibles, car ils forment une paire parfaite.  Et pourtant, le jour du concours international de Saint-Alor-sur-Fleur, Dada fait une prestation extrêmement décevante, pire qu’un amateur… Que se passe-t-il ? Roger Canasson est prêt à tout pour remettre le pied à l’étriller de son athlète préféré. Direction le docteur, check-up complet, cure de vitamines, séances chez le psy et repos forcé. La cause de la défaillance de Dada sera pourtant bien banale et très facile à soigner, il suffisait d’y penser… »

La recette est simple : un mystère dont la résolution donne lieu à un éclat de rire libérateur. Le résultat est détonnant.

Tout comme Adrienne Barman et Haydé, Germano Zullo et Albertine sont publiés à La Joie de lire qui va fêter en 2017 ses 30 ans d’existence. Une belle longévité pour cette maison spécialisée en jeunesse qui promeut les artistes suisses à l’extérieur de ses frontières. Et sachez qu’Albertine va bientôt revenir dans d’autres billets avec son Germano de mari… D’autant que Dada était talonné par Les gratte-ciel…

Jeu du pendu

Trouve ce qui soignera Dada :

L – – – – – – S