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Claire Garralon, la puissance graphique au service des petits

La couverture du livre représente deux têtes de canards, un grand, un petit, colorés en aplat et géométriques
Un magnifique jeu de (dé)construction autour des formes pour les tout-petits

Quand j’ai rencontré Claire Garralon, auteure-illustratrice, elle a déployé devant moi un éventail de cartes de visite dans lequel elle m’a invitée à piocher.

Chaque carte disposait de sa propre illustration, reflet de sa production. J’aurais bien pris un peu de temps pour étudier la question mais j’ai été tout à la fois charmée et prise de court. Alors j’en ai pris une au hasard. La promenade des canards. 

En fait, j’aurais voulu tout rafler. Car la sensibilité, l’art du jeu et la fantaisie de Claire Garralon semblent ne pas connaître de limites, tout comme sa palette, même si elle affectionne particulièrement le collage, en vrai ou en numérique sur le logiciel Illustrator. Ses images récentes sont vectorielles

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Un album monstrueusement bon

Un album des éditions Frimousse pour jouer à se faire peur

Dans Plus gros que le ventre, futur bestseller pour amateurs d’humour et de sensations fortes, les auteurs interpellent le jeune  lecteur en le tutoyant. Ils l’incitent même carrément à ne pas ouvrir le livre sous peine d’être dévoré.

Car dans le livre chemine un monstre abominable.

Un monstre abominable comment ?

C’est un monstre jaune. Il a des yeux rouges énormes, des dents pointues, des cornes sur la tête, des griffes… eh bien griffues, et surtout, surtout, il n’est jamais repu ! À tel point qu’il voudrait bien s’attaquer à celui qui tient le livre…

Les doubles pages se lisent à la manière d’un jeu vidéo (c) Frimousse
Que faire avec cet album ?

Du suspense, de l’humour, du « beurp », une expression populaire mise en images (avoir les yeux plus gros que le ventre), Michaël Escoffier et Amandine Piu délivrent là un livre-jeu excellent.  On pourra jouer au jeu des différences, faire un cherche et trouve, réécrire les lettres dévorées, imaginer une suite quand le monstre aura fini sa sieste, identifier les saisons en regardant les arbres, remettre de l’ordre dans la scène finale. Les pistes sont infinies…

La couverture du livre paru au Canada

Escoffier et Piu s’amusent à déconstruire avec un énorme talent les codes de lecture (jeux d’échelle avec un monstre qui se rapproche page après page, grignotage de la typographie, avertissement en quatrième de lecture). Ils ne sont pas seuls à s’amuser, les enfants aussi.

Les enfants donnent leur avis, c’est un bravo unanime

En témoignent Elisabeth et sa classe de grande section de maternelle :

Le livre a énormément plu en classe : les enfants ont été happés et ont participé tout au long de la lecture, en se cachant, en criant… Celle-ci s’est terminée par un grand éclat de rire !

♥♥♥♥♥

Petit Cobaye (8 ans)  a noté l’ouvrage 10/10.

Dès 4 ans

Edgar ou les vibrations positives

Edgar est le dernier-né d’une grande pointure chez les petits,  Alan Mets.

Mais comment font-ils chez BM pour accueillir tous ces talents et damer le pion aux gros éditeurs?

Car Edgar d’Alan Mets, c’est un petit reggaeman ou plutôt un « reggaepig » sur lequel on va pouvoir compter.

Edgar est un petit cochon tout mignon mais noir et très seul qui veut se lier d’amitié avec un troupeau de cochons roses. Ces  derniers ne veulent pas l’inclure dans leurs jeux… Et pourtant c’est bien Edgar qui va leur sauver la mise.

Les cochons roses ont la tentation de faire d’Edgar un mouton noir. Oh les vilains ! Heureusement, il n’est pas question de broyer du noir…

La bande sonore du livre-CD-mp3 s’appuie sur un genre musical très peu courant en littérature de jeunesse, le reggae. Il est certain que le reggae des cochons, ça change de La Truite de Schubert. 

Rudy Martel, l’éditeur, fait entendre sa voix à ce sujet :

« Pour étayer ma présentation d’Edgar lors d’une réunion avec les représentants d’Harmonia Mundi Livre, j’avais demandé à Ludovic Rocca, l’ingénieur du son, un extrait sonore du livre que je pourrais leur faire écouter.

C’est Schubert qui avait été retenu. C’était joli, et les représentants ont écouté le début de l’histoire, disons, sagement. J’ai alors senti un décalage entre la couleur musicale choisie et ce personnage « cool », « peace and love », tenant de beaux discours sur le vivre ensemble. Edgar devenait ce jour là un rasta et le reggae, une évidence.

Il y a dans cette musique la nonchalance d’Edgar, sa gentillesse, sa curiosité, son esprit d’ouverture. »

Il y a des années, ma chef qui accueillait les enfants de la crèche à la bibliothèque avait « rappé » sur Animalicieux de Pierre Coran, un autre trésor. Avec Edgar, j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce joli souvenir.

Edgar met de la couleur dans la vie et permet à chacun d’affirmer son identité. Bravo !

♥♥♥♥♥

Jeu

Têtes de cochons en ballons de baudruche : à la découverte de l’électricité statique (sur une idée de Petit Cobaye)

  • Eloge de la diversité et Electricité statique