Archives de catégorie : La chasse aux trésors

Seule à la récré

C’est Petit Cobaye, 8 ans, qui m’a alertée : il regardait la télévision lorsqu’il a reconnu le scénariste et dessinateur d’une de ses bandes dessinées, Les Dinosaures aux éditions humoristiques Bamboo

Je suis venue devant l’écran et j’ai découvert Seule à la récré.

Bloz y présentait la bande dessinée qu’il a réalisée avec sa fille Ana, victime de harcèlement. 

J’ai fait mettre le titre en acquisition à la médiathèque. Je l’ai lu avec Petit Cobaye. J’en suis venue à la conclusion suivante :

Cet album devrait faire l’objet d’un achat massif dans les écoles et les médiathèques. 

Grâce à Ana qui donne vie  au personnage d’Emma dans l’album, Bloz riposte à la violence subie avec sa meilleure arme : son talent de bédéaste humoristique. L’album se lit par planches tout en suivant un déroulement narratif de one-shot. 

Les mécanismes à l’œuvre dans le harcèlement sont finement décrits.

Dans l’histoire, les adultes n’ont pas le beau rôle : de l’inconscience, à l’incrédulité, à la dénégation et à la lâcheté (il faut préserver la réputation de l’établissement !), leur inertie empêche la bonne résolution du problème.

Au drame vécu par Emma, s’ajoute l’injustice sociale puisque c’est Emma qui devra finalement quitter l’établissement tandis que Clarisse la harceleuse reste en place.

Heureusement Emma la petite héroïne a su parler à ses parents (bien que tardivement). Sa famille aimante l’a activement soutenue et s’est chargée de trouver un autre établissement scolaire devant l’omerta de l’école.

Le livre est suivi d’un dossier documentaire établi par Noémya GROHAN, l’auteure de De la rage dans mon cartable et fondatrice de l’association GÉNÉR’ACTION-SOLIDAIRE. Des pistes sont utilement fournies pour faire face.

On saluera au passage l’éditeur Bamboo, dont la ligne éditoriale axée sur la bande dessinée comique inclut aussi des sujets de société traités avec finesse, sensibilité et humour : le cancer avec La Boule à zéro et le harcèlement avec Seule à la récré.

BRAVO.

Benjamin Flouw embarque le documentaire en fiction

Qui est Benjamin Flouw ?

Un jeune artiste international et talentueux !

Né en 1986, il a vécu à Londres, Paris, Marseille et fait paraître son premier livre en 2017 dans une maison d’édition québécoise, La Pastèque, sous le titre La Milléclat dorée.

L’aventure du titre 

Les droits en allemand et en anglais ont été achetés par la maison allemande Gestalten. Ce qui donne The Golden Wonderflower en anglais.

Tout le monde suit jusque là ? 

Ce n’est pas tout : l’album est en lice dans la catégorie Album jeunesse pour le prix de La nuit du livre qui récompense conjointement le contenu de l’ouvrage et sa réalisation en tant qu’objet. 

Le contenu

Monsieur Renard est botaniste. Tous les soirs, il aime feuilleter son herbier à la recherche d’une plante pour décorer sa maison. Il s’aperçoit un jour qu’il lui manque une fleur très rare, la milléclat dorée, dont il n’existe même pas une image dans le monde entier. Il n’en faut pas plus à Monsieur Renard pour préparer une expédition à la recherche de ce specimen…

Illustration by Benjamin Flouw from The Mystery of the Golden Wonderflower, Copyright Little Gestalten 2018
Le traitement documentaire

La qualité du livre repose sur la beauté des illustrations numériques de Flow mais également sur le soin extrême apporté à la vulgarisation de la botanique et du milieu naturel de la montagne. Pages d’herbiers, schéma de la fleur légendé, termes liés à l’altitude, inventaire du matériel nécessaire foisonnent dans cette histoire qui encense la préservation de la vie sauvage. 

Quant à la fleur, sa beauté fera décrocher la mâchoire des lecteurs, c’est promis. Inutile de ‘déflorer’ le secret.

L’avis de Breadcrumb 

Un magnifique album documentaire dans l’esprit actuel qui insère l’aspect documentaire au sein d’une fiction et d’une conception éditoriale majestueuse.
Bravo
♥♥♥♥♥

En savoir plus

La notice de catalogage de la BNF

 

Une standing ovation pour l’ours qui jouait du piano

Un ourson découvre dans une clairière un objet qu’il n’a jamais vu avant. Intrigué, il tâte avec sa patte maladroite les bâtonnets noirs et blancs et produit un son épouvantable.

Apeuré, il s’enfuit mais revient jour après jour. De nombreux animaux dans la forêt assistent quotidiennement à son récital. À force d’entraînement, il devient un virtuose et rêve de Broadway…

Premier album d’un auteur illustrateur anglais émergent, L’ours qui jouait du piano est incontestablement l’un des livres phares de 2016. Preuve en est : il fait l’objet d’un film d’animation en anglais chez Carrot Productions et concourt pour le titre du meilleur album jeunesse des Incorruptibles catégorie CP.

Les illustrations agencées sur Photoshop sont d’une beauté lumineuse, la clairière et Broadway sont littéralement magiques.

Titre original : The Bear and the Piano. David Litchfield. Frances Lincoln Children’s Books, 2015.

Publié en France chez Belin jeunesse

Voir la chronique en anglais de Kate

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