Archives par mot-clé : Bande dessinée

La problématique de la noix et la solitude de la poire

Princess H poursuit joyeusement la publication de ses albums centrés sur les vicissitudes des fruits et légumes.

Après Une merveilleuse Grosse Patate et Un Petit Pois tout seulPoire trop poire et Ceci est une noix fonctionnent sur le même principe : illustration au pied de la lettre d’une expression populaire et résolution d’un petit souci d’identité. 

Ainsi, Poire trop poire en voit de toutes les couleurs car elle se laisse mener par le bout du pédoncule. Quant à Noix, coincée dans sa bogue, elle n’est pas celle qu’on croit. Elle a tant à dévoiler ! 

Incipit de Ceci est une noix (c)éditions Lapin

Le savoir-faire et l’humour de Princess H dans l’esprit BD des éditions Lapin permettent de faire passer en catimini quelques notions de botanique et de psychologie.

Les émotions irrésistiblement croquées des personnages ponctuent l’absence de décor de ces leçons de choses délicieusement craquantes.

Extrait de Cest une noix (c)éditions Lapin

Princess H, auteure et illustratrice, notamment dans le magazine Julie, sait offrir de vraies solutions aux problèmes que rencontrent les enfants. C’est précieux.

Car il y a des enfants qui se sont pas ceux qu’on croit, d’autres qui ne savent pas dire non, d’autres encore qui n’ont pas d’amis ou qui ne se trouvent pas beaux. Peut-être bien des adultes aussi ? 

Extrait de Ceci est une noix (c)éditions Lapin, un titre oléique, ludique et didactique à la fois
Activités
  • Les mots du livre : l’éditeur (qui s’amuse sur la 1e de couverture), un pseudonyme, la notion de collection
  • La reliure japonaise expliquée par Princess H

♥♥♥♥

L’ours Michel, papa malgré lui

Un ours grincheux à l’extrême mais tout à fait moderne devient le papa (la maman ?) improbable de quatre bébés oies sauvages. Il s’appelle Michel et il vit en solitaire dans sa tanière tout confort équipée d’Internet. Sa seule concession aux temps anciens : il utilise un poêle comme gazinière. Car Michel est un fin cuisinier, la toque lui sied, tout comme le tablier !

Mais sa vie de consommateur averti va être bouleversée durablement : un poêle défaillant, le voilà parent ! Car les œufs qu’il s’apprêtait à faire cuire ont éclos !

Le rude métier de parent

A son grand dam, Michel se retrouve donc chef de famille. Il va devoir assurer la petite enfance, l’adolescence, l’apprentissage du vol migratoire, sans oublier de procéder à son indispensable hibernation d’ursidé. Comment va-t-il s’en sortir ?

Michel, ours bourru, mais maman poule (c) Albin Michel jeunesse
Comportement animal

L’album, plus que réjouissant, part d’un principe de comportement animal étudié par Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste. Celui-ci s’est intéressé dans ses expériences à des oisons venant au monde et a constaté que les poussins peuvent s’attacher, comme si c’était leur mère, au premier objet mobile qu’ils voient à leur naissance. La présentation ultérieure de leur mère véritable ne change rien : c’est bien le premier objet venu, le premier que les poussins voient à leur naissance, qui laisse son empreinte.

Univers du dessin animé

Avec Maman ours, Ryan T. Higgins met les pieds dans le plat. Son album n’est pas édulcoré et s’inspire clairement de l’univers des dessins animés type Looney Tunes. Higgins emprunte aussi aux codes de la bande dessinée. Le résultat est hilarant.

La recette de son humour ? Elle tient en trois ingrédients : la vérité profonde des situations mises en scène (oui, être parents n’est pas toujours une partie de plaisir, oui les enfants pleins d’énergie se transforment en adolescents apathiques et avachis sur canapés avant de devenir des adultes tout ce qu’il y a de plus ordinaires); le décalage entre la réalité d’une vie d’ours et d’oies dans la nature et celle de Michel amateur de produits locaux et d’œufs bio; le contraste entre l’ours renfrogné et énorme et les 4 petits oisons tout mignons.

Maman oie ours est un album en boucle. Il tient de l’album gag à portée philosophique (oui, c’est possible), certainement promis à un succès planétaire durable. D’ailleurs, Walt Disney a bien senti le filon puisqu’il détient les droits d’édition par le biais de sa branche américaine Hyperion (qui publie aussi Mo Willems).

Maman ours
En France, les petites éditions alsaciennes du Père Fouettard ont publié Wilfred et Rhino vole du même auteur-illustrateur.

Aux Etats-Unis, Maman ours (Bruce Mother Goose) a une suite intitulée Hotel Bruce. Espérons qu’Albin Michel la proposera dans les meilleurs délais…

More details in English

http://books.disney.com/book/mother-bruce/

Hotel Bruce

Humour, cookies et cartoons : cocktail réussi pour Mo Willems

PigoenTrouveHotDog_okMo Willems, ancien scénariste-animateur du Muppet show, s’affirme depuis 2003 comme l’un des plus grands auteurs-illustrateurs américains.

En France,  trois de ses séries sont traduites aux éditions Kaléidoscope : Le Pigeon, Guili Lapin et Chat le chat.

Le personnage du Pigeon parodié en statue de la Liberté
L’œuvre de Mo Willems fait l’objet d’une exposition au musée de l’Histoire de New York jusqu’au 25 septembre 2016

Régulièrement célébré dans les colonnes du New York Times, l’artiste s’est fait le chantre des bonnes manières auprès des petits en utilisant une arme douce mais néanmoins redoutable : l’humour.

Avec dans sa manche l’atout du talent assorti de deux outils efficaces : l’interpellation directe et le mélange des genres.

Continuer la lecture de Humour, cookies et cartoons : cocktail réussi pour Mo Willems