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Un tourbillon dans une maison endormie

Un enfant frappe à la porte d’une vieille dame.

La vieille dame, ça l’inquiète, ça la bouscule, ça la perturbe. Les visites, ça fait bien longtemps qu’ elle en a perdu le goût et l’habitude.

Sa maison aussi a perdu l’habitude de recevoir des visiteurs. Elle en est même devenue toute grise de solitude…

Et puis un jour le petit garçon entre comme un tourbillon de vent frais dans la maison. Il s’appelle Emile et n’a peur de rien. Son énergie chasse bientôt la lassitude d’Elise, la vieille dame au tablier blanc…

En anglais américain, si vous cherchez les toilettes, il faut demander la salle de bains (bathroom). C’est ce que fait le petit Emile dans The Visit (c)Antje Damm (c)Gecko Press
Les liens discrets entre l’architecture et l’illustration jeunesse

Antje Damm est une architecte allemande très connue en Allemagne mais peu éditée en France. 

L’album est particulièrement remarquable par le procédé imaginé par l’auteure-illustratrice pour ses illustrations : elle a pris en photographie ses petits personnages de papier dans une boîte en carton.

Lumière et couleurs s’invitent peu à peu. Et c’est toute la magie d’une maison de poupées qui jaillit à la découverte des pages de cet album haut de 26 centimètres.

On peut être grand et se tromper !

Etonnamment délaissé par l’éditeur historique L’école des loisirs, actionnaire de l’éditeur allemand Moritz, l’album La visite a été classé parmi les 10 meilleurs albums de l’année 2018 selon le New York Times.

La visite est aussi le livre fétiche de la fillette de l’agent qui a cédé les droits de traduction en français à la toute jeune maison d’édition Astrid Franchet. Un bon signe assurément !

♥♥♥♥

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Activité pliage

La balade de Yaya

Sans rien dire, j’ai laissé les trois volumes sur la table du salon. J’aime bien faire des expériences comme ça, voir si Petit Cobaye, 9 ans, mord à l’hameçon ou pas. Surtout qu’après toutes ces années ensemble sur Breadcrumb je pensais en faire un grand lecteur.

Or, j’ai à la maison un enfant de son temps : manga, BD et jeux vidéo. Aaahhrr !

Alors j’adopte une stratégie de Sioux : lui offrir le meilleur en textes illustrés et en bandes dessinées en partant de ses goûts. D’où le test Yaya. Car La balade de Yaya est une belle approche pour mélanger les genres BD et manga avec en prime une histoire bien ficelée.

Les volumes ont entamé un pas de deux entre le fils et le père. Et puis Petit Cobaye m’a dit ces quelques mots : « tu devrais le lire, maman, c’est un peu triste mais il y a beaucoup d’espoir. C’est ce qui fait que tu tiens le coup ».

La Balade de Yaya, ce sont 9 tomes parus entre 2010 et 2015 aux éditions Fei, réédités en 2018 sous la forme d’une intégrale en 3 volumes. 3 co-scénaristes et 1 illustrateur ont collaboré pour réaliser ce très joli univers qui va bientôt être adapté en film d’animation.

Synopsis

Shanghai 1937. Le Japon a envahi la Chine. Le monde de Yaya vole en éclats. 

Yaya est une petite fille choyée et obstinée, néanmoins attachante, issue de milieu bourgeois. Séparée accidentellement de ses parents, elle doit sa survie à Tuduo, petit garçon des rues intelligent et attentif aux autres. Elle est aussi accompagnée par son ange-gardien Pipo, un oiseau débrouillard qui joue le rôle de narrateur dans l’histoire. Face aux adultes malveillants que les enfants rencontrent sur leur parcours à la recherche des parents de Yaya, Pipo se montre un allié à plumes drôle et remarquable. 

L’avis de Breadcrumb

Le registre de couleurs adoucies atténue la dureté des expériences vécues par les deux enfants. Une part de Charles Dickens, une autre du Tombeau des lucioles, des illustrations à l’aquarelle magnifiques, une chute réaliste. Tout concourt à la présence nécessaire de cette aventure dans les bacs des médiathèques ou dans la bibliothèque familiale.

À donner sans réserve à toute la famille à partir de 9 ans. 

L’avis de Lana, 10 ans : super cool !

♥♥♥♥

Activité possible : initiation aquarelle ou atelier dessin manga

=>La balade de Yaya
Charlotte GIRARD, Patrick MARTY & Jean-Marie OMONT 
ill. Golo ZHAO
Les éditions Fei, 2018

Emile a de la suite dans les idées

Emile range ses livresAujourd’hui, je vous parle d’Emile range ses livres. C’est comme ça, et pas autrement. C’est décidé. Parce qu’Emile est un petit garçon qui a de la suite dans les idées. Et tant pis si ça bouscule ses parents. Nous, ça ne nous dérange pas !

En plus, Emile range ses livres, c’ est un titre très approprié pour la compilation des 10 premiers titres d’Emile. Ça fait livre de bibliothèque. Celui qu’on emprunte une fois et qu’on court ensuite acheter à la librairie. Parce qu’ Emile range ses livres, c’est un livre E-PA-TANT ! Un point, c’est tout !

La bible des moutards

D’habitude, je n’aime pas beaucoup les compilations d’albums. Les images y subissent un régime minceur, les albums perdent en saveur. Ici, c’est tout l’inverse : le format est respecté, l’ouvrage est joliment travaillé. On a 10 histoires toujours aussi hilarantes dans un gros volume de 249 pages. Une vraie bible pour les petits.  Un cadeau idéal pour les lecteurs du CP.

Emile ou la vraie vie

La logique enfantine inflexible, la fantaisie, le dialogue parent-enfant, l’humour et la culture répondent à l’appel (à la pelle aussi). Les adultes pouffent devant l’obstination d’Emile. Les enfants ne sont pas les derniers à s’amuser et à s’identifier.

 

Emile_tapisserie
copyright Gallimard jeunesse

 

Et puis, si Emile, du haut de ses 5 ou 6 ans, n’est pas un superhéros, il a néanmoins un super atout : une chérie ! Elle s’appelle Julie. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il lui réserve parfois de sacrées surprises !

copyright Gallimard jeunesse
copyright Gallimard jeunesse
Des illustrations qui racontent aussi leurs histoires

Les illustrations de Ronan Badel déploient le grand jeu. Tendres et hilarantes, elles fonctionnent en symbiose avec le texte de Vincent Cuvellier. Jamais redondantes, elles apportent leur dynamique propre.

A tel point que la clé de l’histoire réside parfois uniquement dans l’image.  Ronan Badel (Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache) me fait penser à un mix de Pef et son Prince de Motordu et de Tony Ross et sa petite Princesse. C’est peu dire.

Un dialogue avec un parent en voix-off

L’auteur, Vincent Cuvellier, met en valeur le dialogue d’Emile et de l’un de ses parents par un procédé littéraire astucieux. Invisible dans les illustrations mais présent sous forme de réponses en italique dans le texte, la maman ou le papa s’adresse directement à son fiston. Tandis que le lecteur lit dans les pensées d’Emile.

L’opus peut ainsi se partager en duo avec un enfant qui débute en lecture. On peut aussi imaginer une mise en scène pour le théâtre.

Médaillons_Emile