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Le bon achat sur plan avec Olivier Douzou

Olivier Douzou, auteur, illustrateur, éditeur, est architecte de formation. Quand on considère sa production de livres dans son ensemble, ça saute aux yeux.

Depuis son premier titre, Jojo la mâche (1993), il a occupé de manière récurrente plusieurs fonctions au sein de la maison d’édition Le Rouergue. Tous les professionnels du livre s’accordent à le classer dans la case Attention-Talent majeur-Jalon de l’histoire de la littérature de jeunesse.

Cela dit, pour une amatrice de narration comme moi, Olivier Douzou a rarement fait partie des auteurs que je mets en avant (sauf pour Le Loup).

Jusqu’à ce que je tombe sur Pipeau, au détour d’une exposition proposée par la bibliothèque départementale des Alpes-Maritimes.

Pipeau, c’est une histoire à base d’oiseau, de pipe, d’hippopotame qui peut en cacher un autre. On y croise un tamanoir et l’esprit de Magritte qui s’agite furieusement.

Un brin surréaliste et poétique, Pipeau est aussi un album à compter (3, 4, 5) avec les chérubins, un jeu de discrimination visuelle, un jeu de formes, un fabuleux imagier.

Le logo des éditions du Rouergue, registered Douzou ?

Perché sur un porte-manteau, l’espèce de piaf dans Pipeau se joue de nous et pipe les dés.  Pendant ce temps, les allitérations en p pullulent à l’oreilleEt pas seulement.

Concevoir une histoire pied de nez à partir d’un jeu de construction, ou vice-versa, voilà bien un défi remporté haut la main par Olivier Douzou.

Nom d’une pipe, quel talent celui-là!

Jeu

Fabriquer un jeu de lynx à partir de la couverture; les plus courageux peuvent toujours tenter un pêle-mêle.

Imprimer le fichier pdf : couv-pipeau-ok

Jamais sans mon livre!

L’album Jamais sans mon livre célèbre la liberté de jouer avec un livre, grâce à un texte poétique et un graphisme déluré de spirales, lignes, rectangles, cœurs, entrelacs en mode rétromoderne.

Il est publié par Phaidon, maison anglaise avec une filiale française. Phaidon est éditeur par ailleurs de nombreux albums d’HervéTullet, le pro du jeu avec le livre. On reste donc en famille.

Sur le principe de « Que peut-on faire avec ? »

Bel objet avec la jaquette, sorte de mode d’emploi, l’album est un pied de nez aux esprits étriqués. S’inspirant de Silverstein et son rhinocéros de compagnie, Barney Saltzberg part d’emblée sur un petit délire artistique. On retrouve le même ressort chez Claude Boujon et sa Chaise (que peut-on faire avec une chaise si on n’a pas le droit de s’asseoir dessus?).

Mais Saltzberg ajoute un ingrédient en personnifiant le livre. Lequel se transforme en doudou compagnon de l’enfant. Et en avant pour une aventure urbaine…

Un éditeur, deux versions

On peut apercevoir certaines des propositions farfelues en anglais sur le site de Phaidon. Rien n’empêche d’en chercher d’autres avec les enfants.

La couverture de la version originale de Jamais sans mon livre. Littéralement, câline ce livre !

Ce livre, tu peux l’embrasser, le câliner, le renifler. Ça te paraîtra peut-être une drôle d’idée.

You can kiss and hug and smell this book. That might sound sort of silly.

Opération graphisme à gogo

Fred Benaglia a saisi l’air du temps en matière de technique d’illustration. Il a choisi le dessin à l’encre et la colorisation en numérique. L’alliance  du Français et de l’auteur américain donne naissance à un beau petit bijou à serrer très fort contre son cœur. On peut aussi cacher l’album sous l’oreiller pour mieux le retrouver au petit matin.

Les enseignants de maternelle et de CP auront un éventail de formes graphiques à partager avec les élèves. Les bibliothécaires, éducateurs et parents devraient aussi pleinement profiter de ce feu d’artifice sur papier.

Jamais sans mon livre. Barney Saltzberg, ill. Fred Benaglia
Phaidon, 2016
1 jaquette, 32 pages, 21 cœurs
Activité

Moyenne section : Compter les cœurs sur la jaquette du livre

Grande section, CP : compter tous les cœurs (attention, il y en a un bien caché. Et ce n’est pas nécessairement le plus petit !)