Archives de catégorie : Albums pour jouer

Jamais sans mon livre!

L’album Jamais sans mon livre célèbre la liberté de jouer avec un livre, grâce à un texte poétique et un graphisme déluré de spirales, lignes, rectangles, cœurs, entrelacs en mode rétromoderne.

Il est publié par Phaidon, maison anglaise avec une filiale française. Phaidon est éditeur par ailleurs de nombreux albums d’HervéTullet, le pro du jeu avec le livre. On reste donc en famille.

Sur le principe de « Que peut-on faire avec ? »

Bel objet avec la jaquette, sorte de mode d’emploi, l’album est un pied de nez aux esprits étriqués. S’inspirant de Silverstein et son rhinocéros de compagnie, Barney Saltzberg part d’emblée sur un petit délire artistique. On retrouve le même ressort chez Claude Boujon et sa Chaise (que peut-on faire avec une chaise si on n’a pas le droit de s’asseoir dessus?).

Mais Saltzberg ajoute un ingrédient en personnifiant le livre. Lequel se transforme en doudou compagnon de l’enfant. Et en avant pour une aventure urbaine…

Un éditeur, deux versions

On peut apercevoir certaines des propositions farfelues en anglais sur le site de Phaidon. Rien n’empêche d’en chercher d’autres avec les enfants.

La couverture de la version originale de Jamais sans mon livre. Littéralement, câline ce livre !

Ce livre, tu peux l’embrasser, le câliner, le renifler. Ça te paraîtra peut-être une drôle d’idée.

You can kiss and hug and smell this book. That might sound sort of silly.

Opération graphisme à gogo

Fred Benaglia a saisi l’air du temps en matière de technique d’illustration. Il a choisi le dessin à l’encre et la colorisation en numérique. L’alliance  du Français et de l’auteur américain donne naissance à un beau petit bijou à serrer très fort contre son cœur. On peut aussi cacher l’album sous l’oreiller pour mieux le retrouver au petit matin.

Les enseignants de maternelle et de CP auront un éventail de formes graphiques à partager avec les élèves. Les bibliothécaires, éducateurs et parents devraient aussi pleinement profiter de ce feu d’artifice sur papier.

Jamais sans mon livre. Barney Saltzberg, ill. Fred Benaglia
Phaidon, 2016
1 jaquette, 32 pages, 21 cœurs
Activité

Moyenne section : Compter les cœurs sur la jaquette du livre

Grande section, CP : compter tous les cœurs (attention, il y en a un bien caché. Et ce n’est pas nécessairement le plus petit !)

Marie Dorléans, l’élégance en action

Marie Dorléans, jeune diplômée des Arts Déco de Strasbourg, fait une percée remarquable depuis le début des années 2010 sur le marché français des illustrateurs de jeunesse. Et c’est amplement justifié.

Ce n’est pas compliqué. Chacun de ses albums délurés, intelligents, farfelus et, nec plus ultra, incroyablement élégants et cultivés, s’impose dans le paysage actuel où souvent la forme visuelle masque l’indigence du fond.

Chic et cosy

Avec Marie Dorléans, l’illustration n’est rien sans l’histoire, le jeu et la fantaisie. Ses albums distillent un parfum Belle Epoque et proposent des scènes d’observation humoristiques enchâssées dans une trame narrative réjouissante. Mais toujours chic et cosy. Sa marque de fabrique.

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Course épique

Course épique est son septième ouvrage depuis ses débuts en 2009.

Nous voici dans un hippodrome avec un petit air d’Epsom pour assister à une course mémorable où absolument rien ne va se passer comme prévu. Le format à l’italienne du livre se prête avec brio au défilé de la course (72 cm de largeur une fois ouvert !). Le tir de départ est précédé d’ une double page centrée sur les chapeaux et les jumelles des spectateurs-spectatrices, qui constitue déjà un spectacle en soi.

Puis, d’incongruités en grain de sable, couic !, le déroulement de la course est follement inattendu. Sans parler du dénouement qui laissera le lecteur littéralement sur son séant !

Une littéraire tombée dans la marmite de l’illustration

Avec de tels atouts, Marie nous rend petit à petit totalement accro à son univers, preuve qu’il s’agit bien d’une grande auteure-illustratrice. Chapeau !

Précisons que si elle dessine aussi bien les chevaux (son premier album, L’invité, introduit déjà ce personnage), c’est parce que ces derniers tiennent une place particulière dans sa vie. Ceux qui voudront en savoir plus n’auront qu’à lire la belle interview réalisée par la librairie La courte échelle.

D’autres titres incontournables de Marie Dorléans

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Vide-grenier (sur un texte de Davide Cali) chez Sarbacane

C’est chic, dont on peut découvrir un extrait ici, aux éditions du Seuil jeunesse

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En savoir plus
Mots mêlés

Mots à retrouver dans la grille : Cheval-Chapeau-Chic-Mode-Jeu-Enfance-Fantaisie-Bazar-Motifs

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Sur le thème du cheval (et tout aussi indispensables)

Dada à La Joie de lire et Nougatine aux éditions de l’école des loisirs

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Bouche bée devant Møtus

L’appel du livre

Vladimir le chaton va à la bibliothèque avec sa maman. C’est la première fois. D’après maman, les livres sont magiques, ils font voyager et contiennent toute la beauté du monde.

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D’abord appâté, Vladimir est vite déçu. Il joue avec les livres comme avec des pavés de construction mais ne voit pas du tout en quoi les livres seraient magiques. Jusqu’à ce que maman se lance dans la lecture à haute voix d’une histoire extraordinaire de princesse, d’ogre, de sorcières et de dinosaures… Et Vladimir voit enfin les personnages et le décor. Son imaginaire prend son envol. Et pourtant, maman n’est pas une gentille sorcière. Si ?

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Le jeu vidéo à la rescousse

Les livres, album paru aux très poétiques éditions Møtus, encense le livre en s’inspirant superbement de l’univers des jeux vidéo d’arcades : simulation du défilement de l’écran, Pacman en monstre terrifiant fabriqué avec des pages de livres, travées de la bibliothèque figurées comme les allées des labyrinthes, angle de vue inhabituel (on voit la bibliothèque comme si on la surplombait), luxe subtil des couleurs noire, rouge sombre, ivoire.

Habituellement présenté comme l’ennemi abhorré de la lecture, le jeu vidéo fait ici l’objet par Lili Chemin d’un détournement à la fois artistique et sympathique. Le propos (aimer la lecture) est servi magistralement par le texte de Christos.

A la pureté visuelle graphique se combine la rondeur attendrissante de l’enfance. Les yeux ronds et les coussinets des petits chats, les babioles colorées et le balai des pages de garde apportent en contrepoint une touche enfantine très fraîche.
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Un livre magique…

Oui, la lecture va ensorceler Vladimir tout comme cet album nous ensorcelle. Par la magie d’une fée, Lili Chemin, dont c’est le premier livre et par le talent d’un grand parolier, Christos, rencontré déjà pour Tout rond chez benjamins media.

…où la dimension ludique est associée à l’esthétique

L’enfant est invité à compter les objets de 1 à 5, à les rechercher activement par un jeu d’observation, à suivre Vladimir et sa copine dans leur parcours dans les allées et sur le rail. L’adulte est placé lui face à un défi titanesque : trouver l’ogre dans le livre.

Gageons que vous allez donner votre langue au chat ! Demandez à vos petits lecteurs. Eux, ils vont trouver…

Sur le même thème :

C’est un livre de Lane Smith

Jeu

Trouve les 5 différences (pdf 19 Mo) :

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