Archives de catégorie : Albin Michel jeunesse

J’aime qu’on m’aime, les genres s’emmêlent

Du blog au livre

Tout comme pour Tu mourras moins bête, J’aime qu’on m’aime est un album conçu à partir du blog de son auteure. Emma Chichester Clark a en effet tenu un blog, Plumdog, de 2013 à 2017, dans lequel sa chienne Plum  est la narratrice.

Le procédé est propice au comique de situation puisque la chienne raconte bien évidemment sa vie avec sa maîtresse Emma selon son point de vue canin.

Plum se présente (c)Emma Chichester Clark
Version en américain
Plum la chienne versus Poppy le chien 

C’est Petit cobaye qui m’a mis la puce à l’oreille.

Alors que le comité d’adultes n’a rien remarqué d’anormal, Petit Cobaye a trouvé étrange que Poppy le chien porte un ruban de fille (dixit) autour du cou.

Il n’en fallait pas plus pour que mon flair de bibliothécaire se mette immédiatement en quête d’informations en langue originale.

D’autant que le prénom Poppy est donné aux filles en Angleterre.

À la suite d’une recherche d’informations bilingue et fouillée, la conclusion s’impose :  il s’avère que par « miracle éditorial », Plum la petite bâtarde anglaise s’est transformée en Poppy le corniaud dans la version en français. Tout en arborant un nœud de fille et en posant sur fond rose.

Alors certes, le mot « chienne » en français peut avoir une connotation péjorative. Il n’est peut-être pas très vendeur d’intituler l’album « Une aventure de Poppy la chienne ».

Mais, à l’heure où (à mon grand désarroi) l’écriture inclusive s’exprime de plus en plus dans les métiers du livre et de l’information, que l’éditeur français aille jusqu’à faire du personnage central un transgenre offense quelque peu mon identité de femme.

Ce léger détail mis à part, l’album est très drôle et tendre, très anglais. Il plaira aux amateurs de chiens, chats et compagnie. Et à tous les autres.

L’avis de Breadcrumb ♥♥♥♥

En savoir plus
Une chienne sur un balcon regarde la mer en Angleterre
Le bonheur selon Plum (c )Emma Chichester Clark
Une chienne dans une entrée de maison est toute triste car elle pense qu'on va la laisser seule
La tristesse (c)Emma Chichester Clark
Les avis du comité

Le point de vue de Delphine, enseignante et formatrice de maîtres et maîtresses d’école :

Superbe album tant au niveau de l’histoire que dans les illustrations. Le parallèle entre ce sympathique chien et les jeunes enfants est évident. Ce qui rassurera ces derniers sur le fait qu’on les aime malgré tout. Les illustrations du cabot sont particulièrement vivantes et j’ai apprécié que ce personnage souligne qu’il essaie de faire des efforts pour s’améliorer. 

Fabienne, bibliothécaire scolaire :

Pour commencer, c’est un album avec une première et une quatrième de couverture qui donnent envie d’ouvrir le livre ! La couleur rose est chaleureuse, le chien est craquant avec son nœud rouge. La couverture et les petits cœurs rouges sont les petites touches qui viennent mettre en valeur cette magnifique couverture. Le personnage principal est attachant et affectueux dans toutes les situations. C’est une histoire dynamique et pleine d’aventures. Les enfants peuvent se projeter dans les bêtises du chien et réaliser que ce n’est pas grave, l’amour est toujours présent. Les illustrations sont sublimes. C’est intéressant d’intégrer des passages de bandes dessinées. Les émotions du chien sont très bien traduites. La double page du coussin qui vole en éclat est très drôle et celle du chien puni est si triste! Une très belle histoire qui peut rassurer les enfants.

Elisabeth, enseignante en maternelle :

Belle dynamique de situations : Pop le chien est un personnage très sympathique et très espiègle, et très irresponsable également. Ce livre donne aux enfants une impression de liberté et les rassure : « Si on continue d’aimer ce chien qui fait tant de bêtises, moi on m’aimera aussi malgré mes bêtises ». Ce chien exprime bien ses envies et ses craintes. Le texte est riche mais bien compréhensible par les enfants. Les illustrations sont très drôles, expressives et complètent avantageusement le texte. Il y a un mélange de d’illustrations pleine-page ou double page pleines de détails des catastrophes du chien et aussi des petites vignettes de format BD très agréables à décrypter.

In English
Activité 

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L’ours Michel, papa malgré lui

Un ours grincheux à l’extrême mais tout à fait moderne devient le papa (la maman ?) improbable de quatre bébés oies sauvages. Il s’appelle Michel et il vit en solitaire dans sa tanière tout confort équipée d’Internet. Sa seule concession aux temps anciens : il utilise un poêle comme gazinière. Car Michel est un fin cuisinier, la toque lui sied, tout comme le tablier !

Mais sa vie de consommateur averti va être bouleversée durablement : un poêle défaillant, le voilà parent ! Car les œufs qu’il s’apprêtait à faire cuire ont éclos !

Le rude métier de parent

A son grand dam, Michel se retrouve donc chef de famille. Il va devoir assurer la petite enfance, l’adolescence, l’apprentissage du vol migratoire, sans oublier de procéder à son indispensable hibernation d’ursidé. Comment va-t-il s’en sortir ?

Michel, ours bourru, mais maman poule (c) Albin Michel jeunesse
Comportement animal

L’album, plus que réjouissant, part d’un principe de comportement animal étudié par Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste. Celui-ci s’est intéressé dans ses expériences à des oisons venant au monde et a constaté que les poussins peuvent s’attacher, comme si c’était leur mère, au premier objet mobile qu’ils voient à leur naissance. La présentation ultérieure de leur mère véritable ne change rien : c’est bien le premier objet venu, le premier que les poussins voient à leur naissance, qui laisse son empreinte.

Univers du dessin animé

Avec Maman ours, Ryan T. Higgins met les pieds dans le plat. Son album n’est pas édulcoré et s’inspire clairement de l’univers des dessins animés type Looney Tunes. Higgins emprunte aussi aux codes de la bande dessinée. Le résultat est hilarant.

La recette de son humour ? Elle tient en trois ingrédients : la vérité profonde des situations mises en scène (oui, être parents n’est pas toujours une partie de plaisir, oui les enfants pleins d’énergie se transforment en adolescents apathiques et avachis sur canapés avant de devenir des adultes tout ce qu’il y a de plus ordinaires); le décalage entre la réalité d’une vie d’ours et d’oies dans la nature et celle de Michel amateur de produits locaux et d’œufs bio; le contraste entre l’ours renfrogné et énorme et les 4 petits oisons tout mignons.

Maman oie ours est un album en boucle. Il tient de l’album gag à portée philosophique (oui, c’est possible), certainement promis à un succès planétaire durable. D’ailleurs, Walt Disney a bien senti le filon puisqu’il détient les droits d’édition par le biais de sa branche américaine Hyperion (qui publie aussi Mo Willems).

Maman ours
En France, les petites éditions alsaciennes du Père Fouettard ont publié Wilfred et Rhino vole du même auteur-illustrateur.

Aux Etats-Unis, Maman ours (Bruce Mother Goose) a une suite intitulée Hotel Bruce. Espérons qu’Albin Michel la proposera dans les meilleurs délais…

More details in English

http://books.disney.com/book/mother-bruce/

Hotel Bruce

Benjamin Chaud, cornac de Pomelo l’éléphant rose

Nom prénom : Pomelo

  • Sexe : masculin
  • Papa : illustrateur Benjamin Chaud
  • Maman : auteur Ramona Badescu
  • Taille : approximativement celle d’un radis
  • Couleur : rose
  • Adresse : Sous un pissenlit dans le jardin
  • Nationalité : Française et Roumaine
  • Signe particulier : Adore les fraises. Se pose sans arrêt des questions existentielles
Pomelo, le plus petit éléphant au monde, est publié chez Albin Michel jeunesse. Sa trompe hypertrophiée et sa couleur particulière le distingue sans univoque au milieu de ses congénères de papier Babar (gris), Elmer (multicolore) ou encore sans nom mais de type félin (Bachelet)…

 

À lire : Pomelo se demande – Pomelo grandit- Pomelo voyage
Premier album : Pomelo est bien sous son pissenlit, 2002

  •  IDEE JEU : Inventer avec le concours des enfants des devinettes ‘Qui suis-je ?‘ pour nommer le nom des aliments rencontrés au cours de ses histoires. Par exemple,  Pomelo s’approche d’un fenouil dans Pomelo rêve. On découvre un artichaut au fil des pages de Pomelo est amoureux. Courgettes et navets apparaissent dans Pomelo se demande. On a le choix car Pomelo croise également des sushis, radis, concombres, pissenlits, kougloffs, fraises, poireaux, carottes, saucisses,  Voici un début construit avec Thibault 4ans 1/2 :

Pissenlit
On me traite de mauvaise herbe.
En fleur je suis jaune, en boule je suis blanche.
Tu te marieras cette année si tu me souffles en entier.

Poireau
Je suis un plumeau vert et blanc
qui a du panache.
Et pourtant je suis mal aimé.
Car quand je suis au menu,
Les enfants font « beurk » en me voyant.

Puis on pourra réaliser une page animée avec des volets questions-réponses ou encore concevoir un petit carnet de recettes de Pomelo…