Breadcrumb n’a pas la cote avec Google

André Bouchard développe magistralement et avec humour la dérive de l’accessoire domestique qui glisse insidieusement vers le mal

Quand on utilise les moteurs de recherche Qwant, Lilo, Bing, Yahoo!, DuckDuckGo (France), Ecosia, et que l’on tape Breadcrumb en requête, le résultat s’affiche en tête de classement.

La même démarche avec Google produit une réponse dans les limbes de la troisième ou quatrième page de résultats. Autant dire dans le nogoogle’sland.

Seule parade : entrer breadcrumb.fr dans la fenêtre de recherche. L’extension .fr du nom de domaine impose alors à l’algorithme de faire son travail.

Qu’il aurait pourtant dû faire naturellement puisque le rang de classement rend normalement supérieur le terme Breadcrumb lorsqu’il est positionné avant l’extension.

Requête Breadcrumb sur le moteur de recherche Qwant le 8 avril 2018

La pieuvre Google-Alphabet, avec ses algorithmes aux gentils noms d’animaux (Panda, Pingouin et que sais-je encore) et ses facéties Googledoodle cache derrière ses initiatives potaches des méthodes commerciales de chacal. 

Ainsi, la journaliste Christine Kerdellant brosse un portrait alarmant du triumvirat Page-Brin-Schmidt dans son enquête de fond intitulée Dans la google du loup et nous incite à réfléchir pour ne pas devenir « les chimpanzés du futur ».

Les trublions du moteur de recherche s’étaient fait connaître auprès de Wall Street par un article dans Playboy*. Après avoir bouleversé le secteur de l’information (bibliothèques, édition, presse), ils sont aujourd’hui hégémoniques dans quasiment tous les domaines de l’économie (automobile, manipulation de l’ADN, Intelligence artificielle). Avec toujours le même dénominateur commun : la récolte et l’exploitation des données. 

Cote 303 KER : processus sociaux

Qu’un blog comme Breadcrumb a priori centré sur un sujet de niche anecdotique (l’album jeunesse, imaginez un peu !) n’ait pas droit de cité en ligne est un détail, peut-être, mais révélateur, assurément.

Un vieil adage recommande de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Ça peut commencer par changer de moteur de recherche tout simplement… pour ne pas nourrir la bête !

En savoir plus sur Google

*Google story chez Dunod, 2006
L’époque où Sergey Brin et Larry Page n’étaient pas encore identifiés par leur patronyme :

L’article est consultable en anglais sur kottke.org
À lire :

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