Archives de catégorie : 9 à 99 ans

Marie Dorléans, l’élégance en action

Marie Dorléans, jeune diplômée des Arts Déco de Strasbourg, fait une percée remarquable depuis le début des années 2010 sur le marché français des illustrateurs de jeunesse. Et c’est amplement justifié.

Ce n’est pas compliqué. Chacun de ses albums délurés, intelligents, farfelus et, nec plus ultra, incroyablement élégants et cultivés, s’impose dans le paysage actuel où souvent la forme visuelle masque l’indigence du fond.

Chic et cosy

Avec Marie Dorléans, l’illustration n’est rien sans l’histoire, le jeu et la fantaisie. Ses albums distillent un parfum Belle Epoque et proposent des scènes d’observation humoristiques enchâssées dans une trame narrative réjouissante. Mais toujours chic et cosy. Sa marque de fabrique.

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Course épique

Course épique est son septième ouvrage depuis ses débuts en 2009.

Nous voici dans un hippodrome avec un petit air d’Epsom pour assister à une course mémorable où absolument rien ne va se passer comme prévu. Le format à l’italienne du livre se prête avec brio au défilé de la course (72 cm de largeur une fois ouvert !). Le tir de départ est précédé d’ une double page centrée sur les chapeaux et les jumelles des spectateurs-spectatrices, qui constitue déjà un spectacle en soi.

Puis, d’incongruités en grain de sable, couic !, le déroulement de la course est follement inattendu. Sans parler du dénouement qui laissera le lecteur littéralement sur son séant !

Une littéraire tombée dans la marmite de l’illustration

Avec de tels atouts, Marie nous rend petit à petit totalement accro à son univers, preuve qu’il s’agit bien d’une grande auteure-illustratrice. Chapeau !

Précisons que si elle dessine aussi bien les chevaux (son premier album, L’invité, introduit déjà ce personnage), c’est parce que ces derniers tiennent une place particulière dans sa vie. Ceux qui voudront en savoir plus n’auront qu’à lire la belle interview réalisée par la librairie La courte échelle.

D’autres titres incontournables de Marie Dorléans

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Vide-grenier (sur un texte de Davide Cali) chez Sarbacane

C’est chic, dont on peut découvrir un extrait ici, aux éditions du Seuil jeunesse

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En savoir plus
Mots mêlés

Mots à retrouver dans la grille : Cheval-Chapeau-Chic-Mode-Jeu-Enfance-Fantaisie-Bazar-Motifs

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Sur le thème du cheval (et tout aussi indispensables)

Dada à La Joie de lire et Nougatine aux éditions de l’école des loisirs

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Comment adopter un gnou en 15 minutes

comment-j-ai-adopte-un-gnouIl existe des phénomènes de mode en édition. Depuis les années 2000, les titres insolites fleurissent et jouent avec efficacité le rôle d’amuse-gueule : chez les adultes, en vrac, on peut citer Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire, Une brève histoire du tracteur en UkraineAutobiographie d’une courgette, Le mec de la tombe d’à côté, Le gang de la clé à molette… et tant d’autres qui m’échappent.

Evidemment, les éditeurs jeunesse ont bien repéré le système.

Les éditeurs de jeux ne sont pas en reste. Par la grâce d’une boutique joliment dénommée La poule aux jeux d’or, nous avons découvert deux petites merveilles, Comment j’ai adopté un gnou et Comment j’ai adopté un dragon, dont le concept français et la fabrication allemande ont littéralement emballé la petite équipe de Breadcrumb.

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La règle du jeu

Raconter une histoire dont le thème est déterminé sur l’une des cartes du jeu

On lance 2 dés numérotés. Imaginons une combinaison 2 et 6. Sur la carte, le joueur peut choisir les propositions 26 ou 62.

26 : J’ai été enlevé par des extra-terrestres, 62 : Je ne veux plus faire de chirurgie esthétique. Petit Cobaye, 7 ans, a choisi les extra-terrestres. On peut s’aider à tout moment des dés-connecteurs, sortes de « mais où est donc Ornicar », qui sont autant de guides pour inventer son histoire au fur et à mesure.

En 10, 15 minutes, chaque joueur se lance dans un récit où la rigueur scientifique n’a pas droit de cité et où les fous rires s’invitent sans crier gare. Le décompte des points pour connaître le vainqueur est totalement fantaisiste.

Mais avec tout ça, quel est le rapport avec le gnou ? On l’oublie le gnou ? Pas du tout ! Le joueur qui réalise la combinaison 66 avec ses dés n’a pas d’autre option que d’expliquer comment il a adopté un gnou.

Familial, intelligent, jubilatoire

Les adultes et les enfants partent sur un pied d’égalité et l’aspect narratif du jeu est libérateur. Le petit format est idéal pour partir en voyage. Les timides et ceux qui pensent ne pas pouvoir raconter une histoire seront fort surpris de se découvrir des ressources inconnues.

Comment j’ai adopté un gnou et Comment j’ai adopté un dragon sont édités par Le droit de perdre, une petite maison qui revendique le plaisir de s’amuser sans le diktat de la performance.

comment-j-ai-adopte-un-dragoncomment-j-ai-adopte-un-gnouPetite précision : Comment j’ai adopté un dragon est plus orienté vers les enfants.

Activité

D’habitude sur Breadcrumb, on part de l’album pour aller vers le jeu. Ici, on peut faire tout à fait l’inverse : enregistrer certaines parties puis illustrer les histoires  à sa convenance.

Les feuilles du genévrier, belles et résistantes

Les éditions du genévrier ont le patrimoine comme fil conducteur et Le conte du genévrier des frères Grimm comme étendard.

La métaphore des racines et des ailes déploie son ombre protectrice sur une petite maison atypique, sans complaisance, où la qualité prime sur le marketing.

Devant la déferlante d’ouvrages éditoriaux colorés, éphémères et finalement insipides, le Genévrier avec ses 4 collections et près de 60 titres depuis 2011, assume clairement sa recette : pas d’édulcorants! Juste le meilleur de la production culturelle des quatre coins du monde…

CONTE_CV.inddDans ce catalogue soigneusement choisi, Le conte du genévrier évoque les pulsions assassines d’une belle-mère à l’encontre de son beau-fils. Les objets symboliques sont là : la pomme rouge de la tentation, un coffre, une chaînette en or, des souliers rouges, une meule de pierre, l’arbre de la renaissance. Un oiseau multicolore rétablit l’harmonie.

Glaçant comme La Barbe-Bleue, avec des éléments communs à Blanche-Neige, fascinant (on aimera ou on détestera, pas d’entre-deux), l’album illustré par Gilles Rapaport à la manière d’une linogravure nous parle de faute reportée sur l’innocence, de cannibalisme et de réparation.

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(c)Les éditions le Genévrier

N’ayez pas peur d’ouvrir le livre : vous vous en souviendrez longtemps…

Chez le même éditeur :

Le conte du génevrier. Les frères Grimm. Ill. Gilles Rapaport. Collection Ivoire. Le Genévrier, 2012
Activité

Sauras-tu retrouver les cartes qui correspondent au conte d’Hänsel et Gretel et à celui du genévrier ? Tout s’est mélangé !
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