Archives de catégorie : Livres-objets

Lièvre et Ours, compères complémentaires

lievre_et_ours_sous_la_neige_couvUn tandem très chou

Lièvre et Ours sont 2 amis très différents. Leur physique et leur personnalité fort éloignés donne l’occasion à Emily Gravett de valoriser les contraires. Evidemment, on s’en doute déjà, ça risque d’être réjouissant. Et ça se confirme !

Premiers jeux de mômes

Qu’ils partent à la pêche, jouent dans la neige ou encore à cache-cache, les deux compères croquent les petits bonheurs de la vie à pleines dents.

Où est ours_de1à10
(crédits : copyright Kaléidoscope 2015)

OursLievre_peche_couvDans Lièvre et Ours vont à la pêche, c’est surtout Ours qui veut taquiner le poisson. Lièvre, lui, s’occupe comme il peut.  D’autant qu’Ours fait des prises surprenantes et peu ragoûtantes. Mais Ours finit par s’endormir…

Une série à savourer en mode zen

La série Lièvre et Ours nous invite à partager des jeux en apparence tout simples. Mais attention, avec une créatrice si mutine, il convient de se méfier. Pressés s’abstenir : il faut prendre son temps pour apprécier les images ! Elles révèlent alors tout leur potentiel de tendresse et d’humour.

Emily Gravett et ses personnages ne sont pas les seuls à s’amuser d’ailleurs. L’éditeur français, Kaléidoscope, a ajouté un trou dans la couverture de chaque titre, comme pour transformer le livre en tableau décoratif pour chambre d’enfant.

Kaléidoscope publie le troisième de la série, Où est Ours?, en mars 2016. A ce jour, l'éditeur anglais Macmillan en compte déjà 4 à son catalogue. Une jolie histoire à suivre donc...

Activités autour d’Emily Gravett 

Clémentine Sourdais illumine les contes de Perrault

Clémentine, c’est la sorcière bien-aimée de Breadcrumb. Elle a des doigts de fée, un talent monstre, une ingéniosité diabolique. A mon sens, elle fait partie du Top ten des illustratrices françaises contemporaines. Oui, rien moins que ça.

Je l’ai découverte en 2013 avec son Petit chaperon rouge. Album découpé paru chez Hélium, c’est le premier titre d’une série de 3 livres accordéons, tous des contes dans la version intégrale de Charles Perrault.

Un triolet de couleurs…

Chaque album repose au recto sur un trio de couleurs (noir-blanc-rouge pour le Chaperon, noir-blanc-jaune pour le Chat Botté, euh, une idée pour la Barbe Bleue ?). Le verso est entièrement noir.La_Barbe_bleue

…Pour un théâtre d’ombres tip top

Petits bijoux cartonnés et découpés, ces livres constituent de vrais théâtres d’ombres.

Il ne reste plus qu'à ajouter des mouflets et une lampe de poche et le spectacle peut commencer.
Petit album deviendra grand

Et voici que dans la foulée, en 2015, Clémentine Sourdais nous offre encore un incontournable. Cette fois-ci, changement d’échelle : on passe d’un petit format à un Très grand Petit Poucet. Les couleurs dans des tonalités chaudes sont là aussi volontairement limitées en nombre.couverture_le-très-grand-petit-poucet

Clémentine Sourdais s’est littéralement surpassée dans cette représentation du Petit Poucet évoquant l’Art populaire, tout en dentelle de papier.

Chaque illustration en papier découpé pleine page fonctionne de concert avec la feuille suivante. Avec maestria. Ce jeu magique de feuilles rend l’échange entre les couronnes des petites ogresses et les bonnets des garçonnets particulièrement opérant.

Clémentine est loin d’être une tâcheronne. Elle a néanmoins peaufiné son très grand livre en ajoutant mille détails ludiques, insolites et esthétiques. Les anachronismes qu’elle a astucieusement glissés ça et là  forment un parfait contrepoint à la langue du XVIIe de Charles Perrault. Citons en outre sans tout dévoiler un clin d’œil à une scène phare d’E.T., le bord festonné des images, la robe métaphorique de la femme de l’ogre…

L’œil se régale des jolis chausse-trapes tendus par l’illustratrice tandis que l’oreille se concentre car la langue de Perrault, désuète et si riche, ne se laisse pas capter sans un minimum d’attention.

Moralité :
Il suffit parfois d’ un zeste de Clémentine,
d’un soupçon d’anachronisme,
d’un travail finement ciselé de dentelle de papier,
additionnés à la langue de Monsieur Charles Perrault, pour obtenir une merveille de livre
qui fera le bonheur de toute la famille !

P.S. : une exposition sur Clémentine est disponible à l’Imagier vagabond

Bonus : Découvre la surprise de Clémentine

Le diable se cache dans les détails

Mégapole_arrivéeLa Mégalopole place d’emblée l’enfant face à une énigme pour ouvrir le livre : il ne peut pas tourner les pages comme d’habitude et pas non plus les déplier comme un livre-accordéon classique. Tiens, tiens, c’est bizarre ce truc-là…

Ensuite, on a le souffle coupé par l’ampleur de la fresque verticale que constitue ce livre-objet extensible. Grand ouvert, l’album mesure plus de 3 mètres ! A quatre pattes pour lire l’histoire, adultes et enfants se régalent pour déchiffrer ce cherche et trouve géant. Le diable se cache dans les détails et on adore ça.

Au passage, on s’immerge dans la vie d’une municipalité où chacun, du maire aux conseillers municipaux et aux agents de la ville, s’affaire à célébrer la venue d’un illustre visiteur tombé de l’espace.

Mégapole_jardin_chinois

 

Quartier d’Amsterdam, jardin chinois, jardin exotique, ciel et enfer, tout un monde urbain et exquis se déroule devant nos yeux conquis. On ne demande qu’à suivre l’extra-terrestre et sa sirène dulcinée, protagonistes d’une aventure fantaisiste et poétique. Cléa Dieudonné a réalisé la prouesse artistique de donner une vie  vertigineuse et harmonieuse aux différentes strates de la ville.

Le livre en lui-même pourrait presque se transformer en lé de papier peint pour décorer la chambre de l’enfant.

La Mégalopole
Cléa Dieudonné
L’agrume, 2015

Activité

Planche d'illustration de la mégalopolePlanche d'illustration 2 La Mégalopole

  • Clique sur les images, imprime-les et amuse-toi en équipe à les retrouver dans le livre (comme dans le jeu du Lynx). Si tu imprimes les planches en double, tu peux aussi te fabriquer un jeu de memory.
  • Cherche et trouve le diable qui prend son bain.