Archives de catégorie : 9 à 99 ans

La formule gagnante des fables chinoises

La_lance_et_le_bouclier_HongFei_couvLes Français ont les fables de La Fontaine, les Chinois ont les chengyu, quatre mots qui définissent une situation compliquée et la manière dont il vaudrait mieux la résoudre.

En littérature de jeunesse, les éditions Picquier proposent un éventail d’œuvres asiatiques souvent remarquables. Et depuis 10 ans bientôt, il faut aussi compter sur de nombreux titres chez HongFei, un petit éditeur qui puise son inspiration en Chine.

Continuer la lecture de La formule gagnante des fables chinoises

Claude Ponti, éleveur de poussins en délire

biberonL’avantage avec Claude Ponti, l’un des plus grands maîtres du jeu, c’est que beaucoup de chroniqueurs avisés se sont penchés sur son œuvre. Quelques liens ici ou pourront éclairer votre lanterne si besoin.

Les héros de Ponti, je les ai portés en moi telle Olga Pondlemonde pendant des années lorsque j’accueillais le public des enfants de maternelle et primaire à la bibliothèque municipale d’Igny. Tromboline et Foulbazar, L’ile des Zertes, Le château d’Anne Hiversaire, Pétronille et ses 120 petits ont subi des lectures à voix haute répétées.  Un oral intensif ! Et ô combien jubilatoire !

_c_-claude-ponti_blaise2Mille secrets de poussins, faux documentaire qui donne l’avrévéritéabs’olue du Poussin masqué, m’a même servi pour le faire-part de naissance de Thibault, lecteur-cobaye de Breadcrumb.

La nature incroyabilicieusement intelligente et ludique du monde de Ponti se prête à d’innombrables interprétations théâtrales, culinaires, topiaires (vous savez, les buissons taillés en formes de statues).

Sans compter diverses transformations en jeux de société.

faire-part-ponti

Alors, voici en vrac une foultitude d’activités pour égayer vos propres poussins.  Et vous-même aussi, car avec Ponti, c’est assuré, les adultes s’amusent autant que les petits !

Activités
En savoir plus

L’album d’Adèle passé à la moulinette d’un spécializtepourenfants

Clémentine Sourdais illumine les contes de Perrault

Clémentine, c’est la sorcière bien-aimée de Breadcrumb. Elle a des doigts de fée, un talent monstre, une ingéniosité diabolique. A mon sens, elle fait partie du Top ten des illustratrices françaises contemporaines. Oui, rien moins que ça.

Je l’ai découverte en 2013 avec son Petit chaperon rouge. Album découpé paru chez Hélium, c’est le premier titre d’une série de 3 livres accordéons, tous des contes dans la version intégrale de Charles Perrault.

Un triolet de couleurs…

Chaque album repose au recto sur un trio de couleurs (noir-blanc-rouge pour le Chaperon, noir-blanc-jaune pour le Chat Botté, euh, une idée pour la Barbe Bleue ?). Le verso est entièrement noir.La_Barbe_bleue

…Pour un théâtre d’ombres tip top

Petits bijoux cartonnés et découpés, ces livres constituent de vrais théâtres d’ombres.

Il ne reste plus qu'à ajouter des mouflets et une lampe de poche et le spectacle peut commencer.
Petit album deviendra grand

Et voici que dans la foulée, en 2015, Clémentine Sourdais nous offre encore un incontournable. Cette fois-ci, changement d’échelle : on passe d’un petit format à un Très grand Petit Poucet. Les couleurs dans des tonalités chaudes sont là aussi volontairement limitées en nombre.couverture_le-très-grand-petit-poucet

Clémentine Sourdais s’est littéralement surpassée dans cette représentation du Petit Poucet évoquant l’Art populaire, tout en dentelle de papier.

Chaque illustration en papier découpé pleine page fonctionne de concert avec la feuille suivante. Avec maestria. Ce jeu magique de feuilles rend l’échange entre les couronnes des petites ogresses et les bonnets des garçonnets particulièrement opérant.

Clémentine est loin d’être une tâcheronne. Elle a néanmoins peaufiné son très grand livre en ajoutant mille détails ludiques, insolites et esthétiques. Les anachronismes qu’elle a astucieusement glissés ça et là  forment un parfait contrepoint à la langue du XVIIe de Charles Perrault. Citons en outre sans tout dévoiler un clin d’œil à une scène phare d’E.T., le bord festonné des images, la robe métaphorique de la femme de l’ogre…

L’œil se régale des jolis chausse-trapes tendus par l’illustratrice tandis que l’oreille se concentre car la langue de Perrault, désuète et si riche, ne se laisse pas capter sans un minimum d’attention.

Moralité :
Il suffit parfois d’ un zeste de Clémentine,
d’un soupçon d’anachronisme,
d’un travail finement ciselé de dentelle de papier,
additionnés à la langue de Monsieur Charles Perrault, pour obtenir une merveille de livre
qui fera le bonheur de toute la famille !

P.S. : une exposition sur Clémentine est disponible à l’Imagier vagabond

Bonus : Découvre la surprise de Clémentine