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Winnie l’ourson n’est pas un personnage de fiction !

20 dollars canadiens pour sauver un ourson

En 1914, un vétérinaire canadien, Harry Colebourn, est réquisitionné pour aller faire la première guerre mondiale en Europe. Alors qu’il traverse le Canada par voie de chemin de fer avec sa troupe, il achète sur un quai un ourson à un vieux trappeur.

En route pour la guerre

En fait, l’ourson est une oursonne. Harry l’appelle Winnie, diminutif de Winnipeg, sa ville d’origine. Winnie devient la mascotte de tout le régiment et poursuit son acheminement vers Londres. Alors qu’il doit poursuivre vers la France, le capitaine Harry réalise qu’il y a peut-être une alternative pour Winnie, le zoo de Londres.

Au zoo, Winnie va bientôt faire une rencontre majeure, celle du petit Christopher, le fils de l’auteur de Winnie l’ourson !

Finding_WinnieMattick_FindingWinnie

Un lien entre les époques et les continents

L’album est l’histoire vraie de la petite ourse qui a inspiré le personnage de fiction Winnie-the-Pooh d’A. A. Milne. L’histoire est racontée par l’arrière-petite fille de Harry Colebourne, Lindsay Mattick, à son propre petit garçon sur le point de se coucher.

Un esprit scrapbooking et un carnet de voyage extraordinaire

L’illustratrice australienne Sophie Blackall a choisi d’illustrer l’ouvrage avec des aquarelles magnifiques tout en incluant pour de faux un vrai album de famille (photographies d’époque, agenda annoté d’Harry, carte de catalogage du zoo de Londres). Le lien de famille entre Lindsay et Harry est efficacement rendu par un arbre  généalogique.

Finding Winnie est à la croisée de la fiction et du documentaire. La grande Histoire rencontre la petite et un pont se crée entre Amérique du nord et Europe.

Chef-d’œuvre en attente de traduction française

Publié en Angleterre chez Orchard books, et aux Etats-Unis chez Little, Brown books for Young readers, le livre a reçu la médaille américaine Caldecott 2016. Breadcrumb est entièrement sous le charme aussi ! Gageons qu’une version française va bientôt voir le jour !

Aller plus loin

http://best-books.publishersweekly.com/pw/best-books/2015/picture-books#book/book-13

 

Un guide en anglais sur Little, Brown books for Young readers : http://media.hdp.hbgusa.com/titles/assets/reading_group_guide/9780316324908/EG_9780316324908.pdf

http://littlebrownlibrary.com/finding-winnie/

Jeu

Bingo anglais Bingo_Finding_Winnie

Loto français Loto_le_vrai_Winnie_l’ourson

Success story au poulailler

Depuis 2005, Les P’tites poules (Carmen la poulette et Carmélito son frère, Bélino le petit bélier, Pedro le Cormoran) font résolument un tabac dans les bibliothèques et librairies pour enfants.

CharivariDes volatiles aventuriers et espiègles

On ne se lasse pas de découvrir les milles et une péripéties de ces gallinacées de choc où le rose sied si bien aux mâles et où les traits de caractères et particularités physiques se reflètent dans les patronymes. Ouvrez bien les oreilles : je vous présente Liverpoule, Coquenpâte, Coqueluche, Molédecoq.

Et ce n’est qu’un avant-goût de l’ingéniosité créative des auteurs, les 2 Christian, Christian Heinrich et Christian Jolibois.

Sortir de sa coquille pour découvrir le monde

Dans ce poulailler en forme de tonneau-oeuf sur pattes, nos volatiles manient la langue française avec une dextérité éblouissante. Ils entraînent mine de rien les enfants sur le terrain de la culture générale.

Ainsi, à force de gratter la terre, on touche le soleil dans Nom d’une poule, on a volé le soleil. Tous les cocoricos sont  en langue étrangère et les frères Montgolfier font leur apparition.

Une poule tous, tous Poule un retricote le mythe de la Toison d’or au profit de Louis XIV à Versailles.

Le principe de l’œuf Kinder

De nombreux tableaux sont pastichés au fil des aventures. C’est un peu le principe de l’œuf kinder : on croque l’album et on s’amuse avec la surprise. De La liberté guidant le peuple dans Pas de poules mouillées au poulailler ! à La dame à la licorne dans Coup de foudre au poulailler en passant par Les glaneuses de Millet dans Les p’tites poules et la grande casserole, nous sommes invités à un jeu de piste artistique fort réjouissant.

Et puis on glousse sans arrêt car les 2 Christian savent trousser des histoires à base d’aventures, de fantaisie et de suspense.

Ils n’ergotent pas ces deux-là et on adore ça…

  • Les P’tites poules sont éditées chez Pocket jeunesse en format album ou format première lecture (poche).
Jeu


Les_petites_poules_boggle
Cherche le personnage dont le nom s’est caché dans la grille du boggle (en suivant la règle du jeu du Boggle).

On peut aussi créer des grilles aléatoires sur http://www.boggle.fr/

Clémentine Sourdais illumine les contes de Perrault

Clémentine, c’est la sorcière bien-aimée de Breadcrumb. Elle a des doigts de fée, un talent monstre, une ingéniosité diabolique. A mon sens, elle fait partie du Top ten des illustratrices françaises contemporaines. Oui, rien moins que ça.

Je l’ai découverte en 2013 avec son Petit chaperon rouge. Album découpé paru chez Hélium, c’est le premier titre d’une série de 3 livres accordéons, tous des contes dans la version intégrale de Charles Perrault.

Un triolet de couleurs…

Chaque album repose au recto sur un trio de couleurs (noir-blanc-rouge pour le Chaperon, noir-blanc-jaune pour le Chat Botté, euh, une idée pour la Barbe Bleue ?). Le verso est entièrement noir.La_Barbe_bleue

…Pour un théâtre d’ombres tip top

Petits bijoux cartonnés et découpés, ces livres constituent de vrais théâtres d’ombres.

Il ne reste plus qu'à ajouter des mouflets et une lampe de poche et le spectacle peut commencer.
Petit album deviendra grand

Et voici que dans la foulée, en 2015, Clémentine Sourdais nous offre encore un incontournable. Cette fois-ci, changement d’échelle : on passe d’un petit format à un Très grand Petit Poucet. Les couleurs dans des tonalités chaudes sont là aussi volontairement limitées en nombre.couverture_le-très-grand-petit-poucet

Clémentine Sourdais s’est littéralement surpassée dans cette représentation du Petit Poucet évoquant l’Art populaire, tout en dentelle de papier.

Chaque illustration en papier découpé pleine page fonctionne de concert avec la feuille suivante. Avec maestria. Ce jeu magique de feuilles rend l’échange entre les couronnes des petites ogresses et les bonnets des garçonnets particulièrement opérant.

Clémentine est loin d’être une tâcheronne. Elle a néanmoins peaufiné son très grand livre en ajoutant mille détails ludiques, insolites et esthétiques. Les anachronismes qu’elle a astucieusement glissés ça et là  forment un parfait contrepoint à la langue du XVIIe de Charles Perrault. Citons en outre sans tout dévoiler un clin d’œil à une scène phare d’E.T., le bord festonné des images, la robe métaphorique de la femme de l’ogre…

L’œil se régale des jolis chausse-trapes tendus par l’illustratrice tandis que l’oreille se concentre car la langue de Perrault, désuète et si riche, ne se laisse pas capter sans un minimum d’attention.

Moralité :
Il suffit parfois d’ un zeste de Clémentine,
d’un soupçon d’anachronisme,
d’un travail finement ciselé de dentelle de papier,
additionnés à la langue de Monsieur Charles Perrault, pour obtenir une merveille de livre
qui fera le bonheur de toute la famille !

P.S. : une exposition sur Clémentine est disponible à l’Imagier vagabond

Bonus : Découvre la surprise de Clémentine