Archives de catégorie : 6 ans

Les légumes, grand amour de Princess H

La couverture du livre montre une pomme de terre qui devient coquette car sa tête fleurit
(c) Les éditions Lapin

La Lettre écarlate ou encore le superbe film Haute couture avec Kate Winslet : les adultes pourront penser à tout ça en lisant Une merveilleuse Grosse Patate de Princess H, illustratrice dans la presse et la bande dessinée.

Les enfants, eux, vont faire la rencontre de personnages attachants (des légumes personnifiés) confrontés à des problématiques d’exclusion, qu’ils vont heureusement dépasser en donnant le meilleur d’eux-mêmes.

On s’en doute, Grosse Patate a un complexe dû à sa morphologie. Les autres légumes, Carotte, Poireau, Radis, Haricot vert, Navet et Courgette, ne sont pas tendres.

(c) Les éditions Lapin

Petit Pois, lui, est misérablement seul au milieu de ses congénères. 

Nos légumes magnifiquement expressifs puisent alors dans leurs ressources personnelles et trouvent leur voie : Patate s’éclate dans la création. Petit Pois garde confiance et surmonte sa timidité.

Beaucoup d’humour et une belle leçon d’empathie! Breadcrumb a hâte de découvrir les prochains titres, Une poire trop poire et Ceci est une noix. Qui seront probablement suivis de deux autres titres dans la même collection. Un tout petit regret : on aurait aimé un format un peu plus grand.

♥♥♥♥

La notice de catalogage de la Bibliothèque nationale de France, carte d'identité du livre Merveilleuse Grosse Patate
La notice de catalogage de la Bibliothèque nationale de France, carte d’identité du livre

 

Activité 
  • Réaliser un livre avec les enfants en illustrant chaque page avec une expression populaire liée aux légumes (faire poireauter quelqu’un, les carottes sont cuites, du jus de navet dans les veines) et utiliser la technique de reliure japonaise expliquée en image par Princess H
Plus d’info

sur le site de Princess H

Un album monstrueusement bon

Un album des éditions Frimousse pour jouer à se faire peur

Dans Plus gros que le ventre, futur bestseller pour amateurs d’humour et de sensations fortes, les auteurs interpellent le jeune  lecteur en le tutoyant. Ils l’incitent même carrément à ne pas ouvrir le livre sous peine d’être dévoré.

Car dans le livre chemine un monstre abominable.

Un monstre abominable comment ?

C’est un monstre jaune. Il a des yeux rouges énormes, des dents pointues, des cornes sur la tête, des griffes… eh bien griffues, et surtout, surtout, il n’est jamais repu ! À tel point qu’il voudrait bien s’attaquer à celui qui tient le livre…

Les doubles pages se lisent à la manière d’un jeu vidéo (c) Frimousse
Que faire avec cet album ?

Du suspense, de l’humour, du « beurp », une expression populaire mise en images (avoir les yeux plus gros que le ventre), Michaël Escoffier et Amandine Piu délivrent là un livre-jeu excellent.  On pourra jouer au jeu des différences, faire un cherche et trouve, réécrire les lettres dévorées, imaginer une suite quand le monstre aura fini sa sieste, identifier les saisons en regardant les arbres, remettre de l’ordre dans la scène finale. Les pistes sont infinies…

La couverture du livre paru au Canada

Escoffier et Piu s’amusent à déconstruire avec un énorme talent les codes de lecture (jeux d’échelle avec un monstre qui se rapproche page après page, grignotage de la typographie, avertissement en quatrième de lecture). Ils ne sont pas seuls à s’amuser, les enfants aussi.

Les enfants donnent leur avis, c’est un bravo unanime

En témoignent Elisabeth et sa classe de grande section de maternelle :

Le livre a énormément plu en classe : les enfants ont été happés et ont participé tout au long de la lecture, en se cachant, en criant… Celle-ci s’est terminée par un grand éclat de rire !

♥♥♥♥♥

Petit Cobaye (8 ans)  a noté l’ouvrage 10/10.

Dès 4 ans

Edgar ou les vibrations positives

Edgar est le dernier-né d’une grande pointure chez les petits,  Alan Mets.

Mais comment font-ils chez BM pour accueillir tous ces talents et damer le pion aux gros éditeurs?

Car Edgar d’Alan Mets, c’est un petit reggaeman ou plutôt un « reggaepig » sur lequel on va pouvoir compter.

Edgar est un petit cochon tout mignon mais noir et très seul qui veut se lier d’amitié avec un troupeau de cochons roses. Ces  derniers ne veulent pas l’inclure dans leurs jeux… Et pourtant c’est bien Edgar qui va leur sauver la mise.

Les cochons roses ont la tentation de faire d’Edgar un mouton noir. Oh les vilains ! Heureusement, il n’est pas question de broyer du noir…

La bande sonore du livre-CD-mp3 s’appuie sur un genre musical très peu courant en littérature de jeunesse, le reggae. Il est certain que le reggae des cochons, ça change de La Truite de Schubert. 

Rudy Martel, l’éditeur, fait entendre sa voix à ce sujet :

« Pour étayer ma présentation d’Edgar lors d’une réunion avec les représentants d’Harmonia Mundi Livre, j’avais demandé à Ludovic Rocca, l’ingénieur du son, un extrait sonore du livre que je pourrais leur faire écouter.

C’est Schubert qui avait été retenu. C’était joli, et les représentants ont écouté le début de l’histoire, disons, sagement. J’ai alors senti un décalage entre la couleur musicale choisie et ce personnage « cool », « peace and love », tenant de beaux discours sur le vivre ensemble. Edgar devenait ce jour là un rasta et le reggae, une évidence.

Il y a dans cette musique la nonchalance d’Edgar, sa gentillesse, sa curiosité, son esprit d’ouverture. »

Il y a des années, ma chef qui accueillait les enfants de la crèche à la bibliothèque avait « rappé » sur Animalicieux de Pierre Coran, un autre trésor. Avec Edgar, j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce joli souvenir.

Edgar met de la couleur dans la vie et permet à chacun d’affirmer son identité. Bravo !

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Jeu

Têtes de cochons en ballons de baudruche : à la découverte de l’électricité statique (sur une idée de Petit Cobaye)

  • Eloge de la diversité et Electricité statique